Des menteries politiques

Le gouvernement de Abdelilah Benkirane n’échappe pas à  l’imputation honteuse de mensonge.

Le gouvernement de Abdelilah Benkirane n’échappe pas à l’imputation honteuse de mensonge. Il aurait trahi ses promesses, dénonce-t-on ici ou là, et même dans les rangs des islamistes. C’est adopter d’emblée le parti de la candeur que de croire que la conquête du pouvoir par les voies régulières serait exempte de mauvaise foi. «On voit par expérience que les principes qui, de notre temps, ont fait de grandes choses n’ont pas tenu grand compte de leur parole, qu’ils ont su, par ruse, circonvenir l’esprit des hommes, et qu’à la fin ils ont surpassé ceux qui sont fondés sur la loyauté», écrivait, en 1532, Machiavel dans «Le Prince» (chapitre XVIII). De fait, le mensonge, quel qu’en soit le visage, est un artifice politique usuel, qui peut être mis au service du bien commun. Tant qu’il sert à l’accomplissement de grandes finalités, il n’est pas condamnable. Mais s’il vire vers une fin en soi, il y a lieu de l’accabler d’opprobre. Le mensonge, alors, devient une perversion, autrement dit une perfidie à l’endroit de l’idéal démocratique et des buts nobles de la politique. Il se métamorphose ainsi en arme exclusive du totalitarisme et se conjugue avec la force, les bruits de bottes, les libertés bâillonnées, le surgissement de l’hydre aux discours enjôleurs qui forge l’espèce des oppresseurs. Allah fasse que nos pieux gouvernants nous gardent de la bête immonde !