Déni de justice

Le ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique a récemment décidé de constituer des brigades de contrôle et de surveillance pour faire respecter la loi sur la protection du consommateur.

L’initiative ne peut qu’être approuvée, surtout s’il se produit une synergie avec les services de la répression des fraudes relevant du ministère de l’intérieur. Mais, jusque-là, la protection du consommateur au Maroc se limite, dans les faits, à la traque des petits commerçants indélicats et autres bouis-bouis, alors qu’elle n’est pas que cela; elle doit tout englober. A ce propos, nous savons tous que les particuliers sont souvent beaucoup plus démunis face aux contrats d’assurance incompréhensibles et parfois léonins, aux garanties automobiles vidées de leur substance par la multitude d’exclusions, à la toute puissance des banques ou des opérateurs de télécoms… Pour bien les protéger, il faut aussi penser à leur donner les moyens de s’y atteler eux-mêmes. Il y a la loi 31.08 et ses décrets d’application, dira-t-on. Mais que vaut réellement ce dispositif si les associations de consommateurs n’ont aucun moyen financier, humain et juridique pour se poser en véritables remparts contre les abus. C’est bien à ce niveau que l’Etat doit revoir sa copie parce que le fait de ne pas leur donner ces armes équivaut à un déni de justice.