De l’Egosystème à l’Ecosystème pour un Maroc gagnant

• A l’échelle mondiale, un plan de sauvetage avait été mis en place pour sauver les banques en 2008, selon le principe: Too Fat to Fail. Ne doit-on pas en faire de même pour nos micro-entreprises (auto-entreprises comprises) et PME (TPME) sur la base de «Too Smart To Stop» ? Le monde réel a besoin de nous et ce qui a été fait pour le secteur financier doit être fait avec plus de force et surtout de célérité pour soutenir le soldat «TPME».

A l’échelle mondiale, un plan de sauvetage avait été mis en place pour sauver les banques en 2008, selon le principe: Too Fat to Fail. Ne doit-on pas en faire de même pour nos micro-entreprises (auto-entreprises comprises) et PME (TPME) sur la base de «Too Smart To Stop» ? Quand la TPME (Très petites et moyennes entreprises) pèse près de 90% du tissu économique, ne peut-on pas dire que la micro-entreprise et la PME, c’est encore plus critique et plus stratégique sur tous les points : économique, social et sociétal ?
Le monde réel a besoin de nous et ce qui a été fait pour le secteur financier doit être fait avec plus de force et surtout de célérité pour soutenir le soldat «TPME».
Si on redonne la parole aux économistes de rupture et prospectivistes & philosophes, nous pourrons certainement entendre ce que l’on ne voulait pas écouter, à savoir que la croissance infinie est un leurre et qu’il est important de mettre de l’Humain dans nos projets de vie et donner tout son sens à la Performance Globale (c’est-à-dire économique, sociale, sociétale et environnementale et le tout de façon concomitante).
Beaucoup d’entrepreneurs se sentent mal aimés par le système et sont dans une posture de défiance. Ils pensent à tort ou à raison que l’on n’a rien fait pour eux.
Cette défiance et logique de silo a un coût élevé sur notre productivité et sur un «Asset» important le Vivre ensemble dans l’harmonie et le partage.
Est-ce que l’on peut transformer un risque sanitaire en opportunité pour récréer du lien et relancer le Monde avec une âme et un plus grand respect de la nature ?
Il paraît que grâce au Covid-19, la Chine aurait respecté son quota pour réduire le réchauffement climatique et avoir moins de pollution.
Pour les organisations, notamment opérant via des plateformes technologiques, la Covid-19 peut être l’occasion de tester le télétravail, chaque fois que c’est possible.
Cette Covid-19 peut devenir l’élixir qui va persuader les grands groupes de payer plus vite leurs partenaires TPME pour éviter le «colapse». Cela pourrait être leur première action dans le cadre du nouveau modèle économique et social. En sortant la TPME de ce rôle de banquier du système, on évite à cette dernière de rendre l’âme.
Les données d’acteurs comme Inforisk montrent que le crédit fournisseur peut être de 30 jours pour Jacques basé en Europe et de 190 jours pour Mohamed à Casablanca, alors même qu’ils livrent des articles similaires au même client basé au Maroc ! Cette situation doit changer !
Il est temps de revoir notre relation avec la TPME. Il faut, certes, l’accompagner à collaborer avec d’autres PME dans une optique de cluster pour qu’elle ait le meilleur des deux mondes : l’agilité de la PME et la puissance de feu à 360° d’une grande entreprise par la coalition et la mutualisation qu’offre le cluster.
En parallèle, nous devons profiter de l’installation opérationnelle de la régionalisation pour lancer de façon formelle le Partenariat Public-Privé (PPP) pour la PME. Cela offrira une fois pour toutes la visibilité et les revenus sur une durée assez longue aux PME, l’apanage actuel uniquement aux grandes entreprises.
Sur le plan macro-économique, c’est un bon timing, il nous faut maintenant transformer l’essai pour initier des projets en PPP qui auront un impact sur la vie de tous les jours. Je parle ici de dispensaires, de crèches de quartier, de services de proximité, de petites industries, de contrats de maintenance…). Nous pouvons remettre aussi sur le terrain de la vie active grâce au PPP tout ce capital humain qui tourne en rond pour l’essentiel issu des politiques de départ volontaire des administrations et assimilées.
Cette lisibilité et visibilité est importante pour les bâtisseurs que sont les TPME.
Communiquons par l’exemplarité en faisant témoigner des grands groupes et PME qui ont fait valoir l’Open Innovation comme une opération gagnant-gagnant et non pas une opération marketing drapée dans la RSE.
L’appui aux TPME doit être systémique. Nous devons leur donner de l’air supplémentaire sur le plan financier et business, en leur mettant en place un plan «Marshall» adapté pour que la machine économique grippée sorte convalescente et capable de reprendre le cours normal des choses, asap.
Par ailleurs, ce que nos entreprises ne sont pas capables de capter comme richesses pour nos populations, d’autres le font à notre place. On peut citer les entreprises venues d’Asie. Il est important d’étudier leur force pour s’en approprier et retenir ce qui peut nous être utile.
Hub Africa a mis par exemple un serious game sur l’intelligence économique pour les TPME et ce gratuitement sur www.hubafrica.co. On oublie souvent cet adage : «Celui qui détient l’information en premier a dejà gagné la partie avant même d’avoir commencé !».
Il faudra aussi profiter de cette période où l’on fait un peu d’introspection, pour réfléchir comment apporter un bien indispensable à tous ces «hors-la-loi» malgré eux, ces entrepreneurs de l’informel qui travaillent à mi-temps (12 heures par jour) sans aucune couverture sociale. Leur vraie assurance, c’est leur santè. Nous devons agir vite et répondre à leur attente légitime. Cela passe par mettre sur la table les 3 leviers et ce de façon concomitante :
– L’accès au marché ;
– un financement adapté ;
– un accompagnement du chef d’entreprise et de ses équipes pour faire face au changement.
L’après-Covid ce n’est pas que des mots, c’est un nouveau monde.
Nous devons vite passer de l’Egosystème à l’Ecosystème.
L’utilisation du véhicule juridique qu’est l’auto-entrepreneur pour celles et ceux qui veulent créer leur entreprise sans douleur administrative en 5 clicks internet (ou presque) est une aubaine pour leur donner un cadre pour sortir de l’informel et bénéficier de tout le dispositif, notamment de Intilak initié par l’Etat, la CCG et les banques.
Tout ça pour dire que cet arrêt sur image qui nous a tous cloués au sol, c’est aussi l’occasion de se rappeler que Dieu existe et que la frugalité n’est pas l’apanage des pauvres mais le flambeau des patriotes qui veulent réussir ensemble!
Par ailleurs, nous devons travailler en amont, intégrer au niveau de l’éducation nationale dès le primaire des modules sur l’esprit d’initiative avec l’implication de nos aînés qui souvent ont tourné le dos à cette école pour (re) mettre de l’Humain dans cette école publique. Cela passe par l’implication de nos élites : parrainer les enfants de nos employés de maison inscrits dans l’école publique.
Si, comme pour un militaire, il faut regarder loin pour commander court, soyons alors pragmatiques et mettons en avant les entrepreneur(e)s, les bâtisseurs, premiers de cordée.
La promotion du digital, notamment au profit de nos auto-entrepreneurs et dirigeants de TPME, permet de capitaliser rapidement et efficacement sur les bonnes pratiques et aussi anticiper et gérer les axes d’améliorations pour un Maroc gagnant au service du grand nombre, de l’économie réelle.
Il ne tient qu’à nous de s’appliquer la stratégie du colibri (faire sa part et provoquer la contagion positive), ne pas attendre l’autre pour apporter sa pierre à l’édifice au nouveau modèle économique et social recherché pour notre pays et mettre la micro-entreprise et la PME au centre de nos préoccupations.