Bla hachma bla hya

Act 1 : Le fameux tapis rouge d’un festival de cinéma est censé voir défiler des acteurs, des metteurs en scène, des professionnels du septième art, en tout cas, même s’ils sont de seconde zone. Mais voir défiler un chanteur de chaâbi, un événementieliste, une présentatrice TV de l’Orient, un modéliste, un danseur et des «comédiens» qui comptent quelques passages sur youtube…, c’est frapper dans le dos le Festival international du film de Marrakech après la bonne réputation qu’il s’est forgée. Quels sont les critères pour pouvoir passer sur ce tapis sous le mitraillage des photographes ? Visiblement, c’est ce qu’on appelle la santeha (os frontal blindé)… Mais, plus grave, qui a laissé «filer» sur le tapis ces gens qui n’ont aucun rapport avec le cinéma ?

Act 2 : Après le décès tragique du défunt ministre d’Etat, Abdellah Baha, et la vague de spéculations maladives qui a couvert les réseaux sociaux, quelques salons et cafés…, voilà qu’une députée islamiste qui sort du lot avec une «vision» miraculeusement tombée des cieux. Le défunt serait venu lui parler et de manière directe et franche à propos de son accident. Sauf que la députée n’a pas dit pourquoi le «ressuscité» l’avait choisie elle, plutôt que «Oulil Amr» ou ses proches… Au lieu de «visionner» une proposition de loi, une proposition tout court, avec ce que connaît le pays comme actualités importantes (inondations, chouha du Mondialito, décompensation etc.), elle s’est contentée de rêvasser… Un collègue a «vu», lui, l’écrivain flamand Frank Adam lui dire en souriant que la réalité n’est pas absurde mais l’absurde est réel.