Avancée saoudienne

En promettant d’octroyer aux femmes le droit de vote et d’éligibilité, le régime saoudien contribue appréciablement au printemps arabe.

En promettant d’octroyer aux femmes le droit de vote et d’éligibilité, le régime saoudien contribue appréciablement au printemps arabe. On serait enclin, à l’instar de nombreux politologues, de minimiser le caractère révolutionnaire de ce dégel, arguant de la relativité des pouvoirs des conseils municipaux, dont les portes seront ouvertes aux Saoudiennes ; on aurait, cependant, mauvaise grâce à ne pas entrevoir, dans une telle avancée, un prélude à l’affranchissement de la gent féminine, qui passerait, d’abord, par son obtention du droit de conduire et l’abrogation du «mahram». Autant de revendications inondant les réseaux sociaux. Car, décapant le préjugé tenace de l’Orientale soumise, la majorité des Saoudiennes entendent secouer leurs fers. Renforcées, il faut le reconnaître, par une escouade de mâles réformateurs, dans les rangs desquels s’aligne le prince Al-Walid Ben Talal Ben Abdel Aziz, multimilliardaire et neveu du roi Abdallah, qui, pour l’exemple, encourage ses employées (65% de l’effectif) à ne pas s’afficher en «abaya». Il ne fait aucun doute que le geste, quelle qu’en soit sa portée, du monarque Abdallah envers les femmes saoudiennes, est à lire, partiellement, comme un soutien à son neveu dans son bras de fer avec les ultraconservateurs ; il forme, en même temps, la preuve qu’un dirigeant arabe, pour peu qu’il soit éclairé, peut être l’hirondelle qui fait le printemps de son pays.