Art halal

Les interdits prennent une sacrée revanche en ce moment, avec le souci et les gestes retrouvés massivement de distinguer ce qu’il est « permis » ou non d’absorber.

Les interdits prennent une sacrée revanche en ce moment, avec le souci et les gestes retrouvés massivement de distinguer ce qu’il est «permis» ou non d’absorber. On assiste à un retour généralisé du paradigme casher – pas casher, halal – pas halal, licite – illicite. Et ce dans une urgence et une acuité aux limites de l’affolement. Jusqu’ici, j’étais persuadé que le champ d’application du qualificatif discriminant halal était circonscrit aux nourritures terrestres, et voilà que je tombe sur un magazine qui parle d’art halal, par opposition à «art propre», expression inventée, après la victoire du PJD aux législatives, par l’actuel ministre des affaires économiques et générales, Najib Boulif, nommant un «art moralement acceptable» (sic). Il n’y a pas que les poulets et le saumon d’élevage : la résistance va s’étendre de plus en plus aux «dioxines» morales et intellectuelles, dans un temps où se multiplient les sources d’informations donc de désinformation. Face aux vaches folles et poulets en batterie de l’anti-pensée, l’avenir est aux esprits «nourris au grain» en parcours libre : ce que le citoyen demandera de plus en plus, ce sont des instruments d’analyse. Il ne veut pas qu’on lui remplisse la tête, mais qu’on le protège contre les remplissages vains et nocifs. Plus que jamais, les têtes réclament d’être bien faites, et non bien pleines. L’indignation prend un trait d’union intérieur : la révolte rend digne, restaure un sentiment de dignité. Alors, à vos méninges !