Alors on mange…

Après plusieurs tentatives, l’homme déposa le couteau sur la table avant de s’attaquer à  l’aide de ses mains à  la cuisse servie dans une assiette qui ne l’est que de nom. Il aurait fallu une scie pour venir à  bout de ce poulet qui semble être venu à  pied depuis la campagne.

Chez Hmida, on sert un quart de poulet avec des légumes baignant dans ce qui s’apparente à une sauce et une petite portion de riz. Le prix est à la portée des petites bourses : 15 DH ! c’est-à-dire la viande, la cuisson, la table, le pain, le riz, la carafe d’eau et le service… Et, puisque les prix sont dérisoires, personne n’ose parler d’une quelconque hygiène. Visiblement, l’idée d’instaurer la propreté dans les «restaurants» populaires nécessite beaucoup de temps et de travail. On n’attache pas d’importance à la santé quand on est fauché. D’ailleurs depuis le temps où l’on a eu vent de l’existence de saucisses d’origine canine (Oh la vache !), les gens ne semblent nullement dissuadés, on constate au contraire que le nombre de gargotes est en pleine expansion… au même titre que celui de la clientèle. Et ce n’est pas uniquement à cause de la quasi-inexistence des services d’hygiène. C’est que les gens consomment… reconsomment et deviennent même accros à une certaine nourriture. L’expression très répandue «khanez ou bnine» n’est pas accidentelle…

Alors on «mange»… Jusqu’au jour où l’on est rattrapé par une vilaine crise gastrique et que l’on fasse connaissance avec l’ulcère, l’intoxication ou pire encore…