A feu et à  sang

La diffusion d’un extrait de treize minutes de « L’innocence des musulmans » enflamme de nombreux pays musulmans, comme attendu.

La diffusion d’un extrait de treize minutes de « L’innocence des musulmans » enflamme de nombreux pays musulmans, comme attendu. De fait, l’œuvrette, immensément inesthétique, n’est rien d’autre qu’un déversement de fiel sur l’islam et une suite abjecte de calomnies du Prophète. Pour l’heure, les conditions de production de ce brûlot incendiaire restent nimbées d’obscurité : les comédiens s’estiment des dindons de la farce, ils auraient été dupés, croyant naïvement figurer dans une innocente série Z, dont les réparties ont été, du reste, doublées après le tournage ; après avoir clamé triomphalement qu’il était l’auteur et le réalisateur de cette chose vile, un certain Sam Bacile prétend désormais qu’il en fut «seulement» le producteur. Ce qui ne le dédouane guère de l’affront, d’autant que Sam Bacile n’est qu’un des pseudonymes qu’aime à porter un escroc notoire du nom de Nakoula Basseley Nakoula, copte extrémiste, acquis à la noire cause du pasteur Terry Jones, qui a dû ajourner, à deux reprises, son odieux dessein de détruire par le feu, publiquement, des exemplaires du Coran. Sam Bacile appartient à un de ces groupuscules qui, aveuglés par l’islamophobie, ne manient d’autre arme que celle d’une propagande haineuse, dont ils mesurent parfaitement les effets mortifères. Les protestations contre «L’innocence des musulmans» ont déjà fait une dizaine de morts et le carnage est loin d’être fini. A cause d’un opus méprisable.