A en pleurer

Les conteurs indécis de la politique gouvernementale rembrunissent leur humeur, l’incurie persistante les afflige, la déroute de leurs athlètes aux Jeux olympiques de Londres est ressentie comme une infamie, la débandade continuelle de leur équipe nationale de football leur fait broyer du noir, le maintien à sa tête d’Eric Gerets, envers et contre toute logique, exacerbe leur ressentiment à l’égard des dirigeants et responsables, sourds à la vox populi.

Tout porte à croire que les Marocains se trouvent au bord de la crise de nerfs. Leurs nerfs pourraient lâcher, n’était un précieux antidote : l’humour ou, plutôt, ce mélange de dérision aiguë et d’ingéniosité qui leur est caractéristique. Recourir à cet art est comme une revanche pour eux, face au destin qu’ils ont le sentiment de subir. Indéniablement, ils y déploient un talent ahurissant. Mais quand ils confient leurs zygomatiques aux professionnels du rire, les vannes bien senties attendues et les saillies espérées manquent à l’appel ou tombent à plat. Force est de convenir qu’il n’y a pas de quoi se gondoler devant les émissions dites humoristiques. Ramadan 2012 a été l’illustration parfaite de cette étrange défaillance. Le Maroc, qui a enfanté Gad et Debbouze, Bziz et Baz, Bikr et Fahid, Ljem et Dassoukine, est incapable d’inventer autre chose que des séries léthargiques.
Déprimant.