à‰teignez le feu

Par ces temps promptement inflammables, le moindre feu allumé risque vite de se muer en brasier où crame irréparablement l’espérance.

D’où l’effroi que suscitent ceux-là qui, sous couleur d’indignation, exacerbent les rages, portent à incandescence les flammes ainsi surgies, attisent tous les fantasmes, excitent les instincts incendiaires, en hystérisant, par exemple, des faits divers insignifiants ou en accréditant des rumeurs pernicieuses.

Entre le devoir de protester contre le gouvernement lorsque ce dernier manque à son devoir et la dérive de mettre à feu la nation, il y a un fossé infranchissable que d’aucuns pyromanes franchissent allègrement, dans le but de réduire en cendres notre vivre-ensemble et de faire partir en fumée notre union sacrée. Certes, le Maroc n’est pas l’Egypte, et sa capacité de résistance aux briseurs de rêve est inépuisable, tant l’attachement des Marocains à la patrie et à la monarchie reste indéfectible, mais mieux vaut prévenir que guérir, surtout que ces crimes sont mortels. Pour peu qu’on prête la voix au peuple, on s’apercevra que jamais il n’admettrait que sa patrie connaisse le destin des peuples amis qui n’ont pas su éteindre le feu.