100 000 emplois par an, pardi!

Comment faire pour encourager l’investissement et favoriser la croissance, avec pour ultime objectif la création d’emplois ? Comme chaque année, ce débat devient plus virulent lors de la préparation de la Loi de finances. On ne s’attardera pas sur les relations de cause à effet entre les deux premières variables qui divisent le monde économique. En revanche, il est clair que l’emploi est une condition nécessaire -mais non suffisante- pour garantir la stabilité sociale. Dès lors, la promesse du patronat de créer 100 000 emplois supplémentaires par an, si l’Etat consent à exonérer les entreprises des charges sociales pendant trois ans,

mérite qu’on s’y arrête. Dans une économie qui n’en a produit en moyenne que 156 000 par an entre 2000 et 2010, principalement dans les services et le BTP, il est en effet difficile de cracher sur une telle offre. Néanmoins, il y a des points à éclaircir. Dans quels secteurs et quelles régions seront créés ces emplois? Et surtout  comment s’y pendre pour y parvenir. Loin de nous l’intention de remettre en cause la bonne foi de nos patrons, mais le très net déséquilibre qui prévaut sur le marché de l’emploi impose que ces questions soient soulevées. On objectera, sans doute, que les réponses seront fournies au moment opportun aux principaux interlocuteurs, gouvernement et syndicats. Mais le mieux n’est-il pas de prendre l’opinion à témoin pour crédibiliser l’engagement ?