Veille économique et technologique, une fonction qui émerge

Surveillance de la concurrence, amélioration du service, surveillance des tendances
du marché, la veille économique et technologique est devenue indispensable…
De plus en plus d’organismes publics et privés mettent en place des structures
spécialisées.

De plus en plus d’entreprises privées mais aussi d’organismes publics déploient des cellules de veille. Objectif : scruter la dynamique du marché marocain dans différents domaines et se doter d’une démarche d’intelligence économique. «La veille se définit comme l’ensemble des actions de recherche, de traitement, de diffusion de l’information utile aux acteurs économiques ou aux demandeurs d’information en vue de son exploitation dans une perspective d’anticipation», explique Fatima-Zahra Chlihi, membre de la cellule de veille de la filiale de France Télécom au Maroc, Sofrecom.

De ce fait, la veille consiste non seulement dans la collecte de l’information mais aussi dans le traitement et l’analyse de cette information avant diffusion auprès des intéressés.
Au-delà  des délimitations du périmètre de la veille, la radioscopie des expériences de la veille dans le pays fait ressortir une nouvelle tendance. Historiquement, seules les multinationales disposaient de cellules dédiées à  la veille, et ce tout en bénéficiant du support de la maison mère. La situation commence à  changer depuis trois ans sur deux aspects. Le premier est que de plus en plus d’entreprises et de groupes privés locaux affectent des ressources qualifiées à  cette tâche d’observation et d’analyse.

Primature, ANRT…, le secteur public s’y met
Le deuxième aspect, plus intéressant, est le virage opéré par les organismes publics qui ont décidé de franchir le pas en créant des entités de prospective et de veille. C’est le cas de l’ Agence nationale de réglementation des télécoms (ANRT). Depuis 2005, l’agence a mis en place une entité chargée de la prospective et des nouvelles technologies, en vue de centraliser les données sur le marché pour suivre son évolution, et de mener des projets et des études afin d’anticiper l’évolution d’un secteur en mutation rapide. «L’agence a réalisé des études sur les nouvelles technologies et leur répercussion sur le secteur et sa régulation au Maroc. Il s’agit notamment de l’étude sur les NGN (réseaux de nouvelle génération), sur le WIMAX, le CPL et sur les technologies contactless», rappelle Hicham Lahjomri, directeur en charge de cette entité.

Autre expérience à  fort potentiel et qui marque un tournant au niveau de la stratégie gouvernementale : la mise en place du Centre de veille stratégique ou CVS (www.veille.gov.ma), organe rattaché au cabinet du Premier ministre et basé à  la direction des investissements. «Le CVS a été créé pour essaimer et promouvoir les pratiques de l’intelligence économique et notamment de la veille dans les institutions publiques, les associations professionnelles et les entreprises», explique Ilham Tounsi, chargée de veille au sein de ce jeune centre (voir encadré ci-dessous). Concrètement, le CVS a pour mission de proposer des actions en relation avec la stratégie Emergence, à  travers laquelle le Maroc vise à  développer des activités exportatrices à  forte valeur ajoutée (tourisme, offshore, textile-habillement, agro-alimentaire et automobile).

Un colloque international sur la veille à  Marrakech
Toujours dans le même type d’expériences, il y a le projet de cellule de veille initié par le Cetic (Centre marocain des technologies de l’information et de la communication pour les entreprises), basé au Technopark de Casablanca. «Notre positionnement en tant qu’association adossée à  l’Apebi (Association des professionnels des technologies de l’information) est de centraliser le maximum d’information sur la dynamique du marché des TIC pour pouvoir les disséminer auprès du tissu économique et accompagner les PME-PMI dans le processus d’appropriation de ces technologies», explique, confiant, Nicolas Rusques, directeur du Cetic.

Malgré ces expériences diversifiées du secteur privé et du public, pourquoi la veille reste-t-elle encore une activité marginale au Maroc ? La veille ne nécessite pas forcément d’outils sophistiqués, puisqu’elle peut démarrer simplement en exploitant les ressources internet et les revues de presse des médias. Cependant, le fonctionnement d’une telle cellule exige beaucoup de temps, surtout lorsqu’on ne sait ni o๠ni comment chercher. En outre, il faut disposer de ressources qualifiées avec un bon bagage lié au secteur objet de la veille.

«L’existence d’une équipe de veille chez Sofrecom a permis à  nos clients d’être à  l’écoute du marché des télécoms marocain ainsi que des marchés de la région MENA. La cellule est composée de consultantes ayant une très bonne connaissance du secteur des télécoms et des nouvelles technologies. Ce background les a, bien entendu, aidées dans l’identification des besoins opérationnels de nos clients», souligne Soumia El Hamchi, chargée de veille chez Sofrecom.

Notons que l’ouverture du pays sur l’international pousse de plus en plus d’entreprises et organismes publics à  investir dans la veille à  travers ses différentes composantes (sectorielle, réglementaire, technologique et juridique…).

Il faut par ailleurs rappeler que Marrakech accueillera, du 21 au 25 octobre, un colloque international dédié à  la veille stratégique et technologique (voir http://atlas.irit.fr) – systèmes d’information élaborée et bibliométrie. Cette messe scientifique passera en revue les sources d’informations stratégiques, les outils de traitement de l’information, le data mining et le data warehouse…