TIC : les besoins en compétences ne faiblissent pas

Consultants techniques ou fonctionnels sont les plus demandés
Le rythme des recrutements s’est ralenti dans les télécoms
Il faut former très vite des compétences.

D’après les prévisions de l’Association des professionnels des technologies de l’information (Apebi), le contrat-progrès vise à hisser le Maroc à l’échelle internationale dans le domaine des TIC et de l’offshoring, et à permettre au secteur de porter son chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars en 2006 à 9 milliards de dollars à l’horizon 2012, dont plus de 25% à l’export. Il offre de ce fait un potentiel de création de plus de 125 000 emplois.

Cependant, lorsque des multinationales comme Eds, Dell, Capgemini, Tata Consulting Services et bien d’autres choisissent le Maroc comme destination offshore, il faut pouvoir fournir ces mastodontes en compétences.

Philippe Montant, DG du portail de recrutement Rekrute.com, assure que «les secteurs des TIC et de l’offshoring sont sans doute les plus dynamiques sur le marché de l’emploi». Pour sa part, Chantal Aounil du cabinet Bil consulting, estime que les entreprises arrivent encore à dénicher de bons profils mais qu’il faut prendre le temps de former les compétences, faute de quoi on pourra rapidement en manquer, si ce n’est déjà le cas.

Un DG d’une société spécialisée dans les réseaux wifi dit avoir du mal à trouver un bon ingénieur, débutant ou pas.

«Sur 10 CV, un ou deux seulement font vraiment l’affaire», avance-t-il.
Aujourd’hui, les sociétés de services informatiques et d’ingénierie (SSII) s’arrachent les profils pointus, principalement ceux qui maîtrisent le Java/J2EE, le Dot Net et les progiciels de gestion (ERP).

Pour ces derniers, les cabinets de recrutement vont à la chasse aux consultants techniques ou fonctionnels maîtrisant des progiciels tels que SAP, Oracle Applications, Gold…, ou encore les logiciels de CRM ou décisionnels.

Outre l’offshore, la libéralisation du secteur des télécoms au niveau du fixe et de l’internet, à l’initiative de l’autorité de régulation (ANRT), a entraîné une forte demande sur les profils télécoms. Mais le rythme s’est ralenti, sachant que les opérateurs ont beaucoup embauché ces dernières années.

Le domaine de la sécurité des systèmes d’information n’est pas en reste. Les SSII, sous l’effet des besoins de leurs clients, recherchent des auditeurs de SI, des experts en sécurité, notamment pour les tests d’intrusion, des architectes SI et des urbanistes de SI.

L’effervescence du marché de l’emploi a entraîné, en conséquence, une révision à la hausse des salaires des profils qualifiés ayant de l’expérience. A titre indicatif, le seuil de salaire d’un ingénieur débutant commence à dépasser les 9 000 DH, et 15 000 DH pour un chef de projet chevronné.