Slack, Workplace by Facebook, Yammer… Un bureau dans le Cloud

Il y a seulement quelques années, des outils digitaux comme Slack, Zoom, Microsoft Teams, Workplace by Facebook étaient encore inconnus ou peu utilisés. Avec la crise sanitaire et l’explosion du télétravail ces outils n’ont jamais eu autant le vent en poupe et ont contribué à redessiner les méthodes de travail.

Chef de projet marketing dans une start-up de services de paiement, Adil Moukrime est abonné à pas moins d’une quarantaine de chaînes sur Slack. Il utilise la messagerie au quotidien pour communiquer avec ses partenaires, clients, fournisseurs ou même ses collègues basés à Marrakech, Paris ou encore Dubaï entre autres. «C’est un véritable espace de travail qui nous permet d’envoyer des messages, de partager ou de travailler sur les mêmes documents et de passer des appels vocaux et vidéos avec des collaborateurs partageant le même canal de conversation. En plus, cela a l’avantage de s’intégrer avec de nombreuses autres applications telles que Google Drive», souligne-t-il.
Il y a seulement quelques années, des noms comme Slack, Zoom, Microsoft Teams, Workplace by Facebook, Yammer étaient encore inconnus ou peu utilisés.
Avec la crise sanitaire et l’explosion du télétravail ces outils n’ont jamais eu autant le vent en poupe et ont contribué à redessiner les méthodes de travail.
Comme dans beaucoup d’entreprises qui se sont mises à fond sur les outils digitaux de communication, des rituels s’installent. «On se dit bonjour entre collègues chaque matin sur l’application, que l’on soit dans les mêmes locaux ou éparpillés un peu partout dans le monde. Dans notre espace virtuel, on trouve une multitude de canaux thématiques pour les commerciaux, développeurs ou marketeurs pour partager nos infos. D’autres canaux sont moins informels pour déconner entre potes, partager les bons plans comme par exemple en ce qui concerne la Coupe du monde de foot», poursuit la même source.
Idem pour Jérôme Mouthon, président MEA de Teads, société spécialisée dans la publicité en ligne, qui gère la région Middle East & Africa de la compagnie. «Avec 4 bureaux distincts, Riyad, Dubaï, Casablanca et Johannesburg, nous avons besoin d’outils collaboratifs pour pouvoir interagir entre nous pour rester les plus réactifs possible», explique-t-il.
Pour sa part Assaad Chakrouna, coach-formateur, ajoute que «l’accès à l’information et aux personnes en temps réel, et de manière démocratisée, donne lieu à une grande synergie entre nos équipes et nous fait gagner en efficience à tous les niveaux, notamment en créativité, clarté, en qualité et en temps d’exécution. Cela inclut aussi nos relations avec nos clients et nos partenaires, qui ont aussi bénéficié de ces synergies et ces économies d’échelle».
Sur le plan managérial, ces applications changent également la donne. Parmi les avantages, la réduction du nombre de réunions et de mails échangés dans l’entreprise.
«On gère énormément de mails quotidiennement. Des demandes des collègues urgentes et moins urgentes, des mémos, des communications avec les clients, des newsletters, cela consomme beaucoup de temps. En ajoutant d’autres plateformes de communication, on sépare les types de messages, ce qui rend leur gestion plus facile et rapide. Chaque outil a sa raison d’être. Des outils comme SharePoint ou Yammer peuvent apporter des gains en productivité et faire travailler les collaborateurs de façon beaucoup plus efficace qu’en utilisant uniquement des courriels», note Adil Moukrime.

Excès de dépendance et de sociabilité virtuelle

Chez Teads, l’entreprise fonctionne notamment en télétravail, la réactivité à travers ces outils est de mise. «Plus besoin de prévoir de faire un appel pour parler d’un client, un collaborateur pense à quelque chose, peu importe son job dans l’entreprise, il peut directement le partager sur slack et quelqu’un dans le monde pourra réagir et donner son feed-back dans les 24 heures. C’est très puissant en terme de business», indique Jérôme Mouthon.

Et de poursuivre : «Pour les outils type Zoom, même si tout le monde les a «trop» utilisés pendant la crise sanitaire, ils deviennent des réflexes même pour discuter en one-to-one au lieu de le faire au téléphone. On prend goût finalement à se voir et à discuter non pas que du travail mais aussi de la vie personnelle, comme nous aurions pu le faire à la machine à café, car le fait de se voir permet plus d’interactions».
Contrepartie de ces nouveaux canaux de communication, le risque de dépendance. «Cela génère également de la pression et du stress causés du fait d’être «Always connected», un mal que, beaucoup de fois, les individus s’infligent à eux-mêmes, à force d’être trop addict.», précise Assad Chakrouna. Pour sa part, Adil Moukrime note également le travers de ces outils. «Parfois, ils éloignent ceux qui sont censés être dans le même local. Il arrive qu’on se chatte alors qu’il est plus simple d’aller se voir», note-t-il.
Selon eux, le caractère instantané du travail collaboratif génère une source de stress lié à la disponibilité permanente. Comme quoi, le droit à la déconnexion peut s’avérer très important.