Quelques pistes pour réussir ses premiers pas en entreprise

Observer, s’adapter, développer un réseau, telles sont les règles de base pour réussir son intégration.
Fiche de fonction, objectifs assignés… Renseignez-vous au maximum sur la portée de votre mission.
Evitez les situations conflictuelles et l’excès de zèle qui est souvent mal perçu au début.

C’est fait ! Vous avez enfin décroché votre premier job dans l’entreprise, cet environnement qui vous est encore inconnu. Qui fait quoi ? Comment travaille-t-on ? Quel est le climat ? Quel genre de rapports entretient-on? A l’enthousiasme du départ succède souvent l’inquiétude, voire l’angoisse, de rater son départ, de ne pas être à la hauteur ou de ne pas exprimer clairement ses attentes, ses difficultés…
Un premier emploi, c’est comme un premier rendez-vous amoureux. Qu’il se passe bien ou mal, il restera gravé dans votre mémoire. Bref, il s’agit d’une étape clé dans une carrière. Or, d’une part, peu d’entreprises disposent d’une procédure formalisée d’intégration en bonne et due forme, et, d’autre part, les premiers pas sont encore rendus plus durs par le fait que le niveau d’exigence des entreprises s’est élevé. «Elles veulent avant tout une capacité d’adaptation et une intégration rapide des recrues», constate Abdelillah Sefrioui, DG du cabinet Axe RH.

Vous êtes observé dès vos premiers jours, faites-en autant !
Les jeunes diplômés qui décrochent chaque année leur «ticket d’entrée» dans le monde du travail ne sont pas suffisamment mis à l’aise, même si certains se sont relativement bien préparés, grâce à la formation mais aussi à la multiplicité des stages. Pour éviter le naufrage, il est donc important de se prendre en charge.
Première étape : se faire connaître. Pour faire bonne impression, il est proscrit de se cacher durant les premiers jours. Et pour cause, lors de votre période d’intégration, vos faits seront surveillés dans leur moindre détail. Alors faites-en autant. Au bout de quelques semaines, vous devez vous faire une idée sur l’ambiance de l’entreprise, les règles du jeu qui y prévalent, votre mission. Vous devez aussi repérer les personnes qui comptent… Bref, vous avez besoin de comprendre votre nouvel environnement. «Mes premiers pas, je les ai faits dans la cafétéria de l’entreprise. C’est ainsi qu’on connaît qui est bon, qui est mauvais, qui éviter et à qui s’adresser en cas de pépin…», confie Ghita Lahlou, responsable communication dans un grand groupe.
Sans ses repères habituels, la nouvelle recrue doit jouer la bonne carte, sous peine d’être délaissée ou exclue par la communauté. Plus que les compétences techniques, c’est le comportement qui, au début, favorise l’intégration. L’image du nouvel arrivant se construit, à 70 %, dès les premiers jours. Autant dire qu’il doit agir avec beaucoup de tact.
«On a toujours pris mon retrait et ma prise de distance comme une indifférence envers les autres alors que j’avais du mal à m’adresser à eux. Dès lors que j’ai compris que vouloir rester enfermé dans mon coin ne m’était guère favorable, j’ai appris à mieux communiquer», témoigne un contrôleur de gestion. «Vous devez être en mesure de poser toutes les questions possibles. On acceptera ainsi plus facilement votre franchise», conseille le DG d’Axe RH.

Prudence et modestie seront des alliées de poids
Cette ouverture doit commencer dès les premiers contacts avec le recruteur. Il faut que vous sachiez immédiatement ce que vous aurez à faire, quels objectifs vous sont fixés et quels moyens vous sont donnés pour y parvenir. Tout doit être disséqué. La volonté de tout comprendre dévoile un esprit d’initiative apprécié chez une recrue, et qui confortera l’employeur dans son choix.
Attention toutefois, se faire connaître ne veut pas dire se comporter comme en terrain conquis. Un trop plein d’énergie est parfois mal interprété, très souvent par les collègues de même niveau qui peuvent avoir peur pour leur place. Si on n’y prend pas garde, les conflits peuvent très vite survenir et comme vous êtes le moins connu, les torts vous seront d’abord imputés. «On doit éviter de s’épancher sur tous les sujets dans un milieu que l’on ne connaît pas», souligne un cadre qui a entamé sa vie professionnelle dans un environnement assez agité. Le premier confident ne sera pas forcément le meilleur ami dans l’entreprise. Certains mots peuvent donc avoir de lourdes conséquences. C’est dire que la prudence et la modestie sont des alliées de poids.

Demandez-vous ce qui importe le plus aux yeux de votre supérieur
Seconde étape : chercher à s’adapter au rythme de travail et à la culture de l’entreprise. A partir de vos observations, vous devrez être en mesure de répondre à certaines questions : qu’est ce qui importe le plus aux yeux de vos supérieurs ? comment se prend la décision ? qui décide de quoi ? pourquoi faut-il faire les choses de telle manière et pas d’une autre ? Autant vos compétences techniques sont importantes, autant le savoir-agir est crucial au début.
Troisième étape, chercher des alliances. Etre informé constamment permet d’anticiper, parfois de se placer là où il faut, quant il faut. Pour cela, vos collègues et même votre supérieur peuvent vous être utiles. Prenez toutefois la précaution de ne pas former trop vite un clan. Catalogué, vous risqueriez alors de vous couper de l’équipe avec laquelle vous travaillez. Il faut donc maintenir des rapports avec tous, tout en développant les affinités.
Enfin, si vous êtes «pistonné», sachez qu’il vaut mieux que votre «tuteur» n’en fasse pas trop auprès de votre supérieur direct, sous peine de voir ce dernier vous empoisonner la vie. Jamil A. se rappelle ses débuts dans une grande banque, parrainé par son oncle qui était un des directeurs de l’établisssement. «Mon oncle voulait tellement me pousser qu’il n’arrêtait pas d’appeler mon chef de service pour qu’il me confie des dossiers importants. Ce dernier s’exécutait de mauvaise grâce et, en dépit de mes capacités, je sentais chez les autres une distance se créer. J’ai fini par changer de banque». Enfin, dernier conseil, évitez de rapporter les conversations et les médisances et de prendre part à une situation conflictuelle, même si vous jugez que vous êtes du bon côté. Rappelez-vous, un débutant en période d’essai est le fusible le plus facile à faire sauter.
Quant à vos compétences, il va sans dire que vous devez correspondre au profil et que, si vous tentez de jouer la comédie, vous n’irez pas loin

Cherchez des alliances mais prenez la précaution de ne pas former trop vite un clan. Catalogué, vous risqueriez de vous couper de l’équipe avec laquelle vous travaillez.