Quand la crise sanitaire dope les envies de reconversion professionnelle

• Selon une enquête de Rekutre, six cadres sur dix ont déjà envisagé une reconversion professionnelle.
• Manque d’épanouissement professionnel, sentiment d’avoir atteint la fin d’un cycle professionnel, réussir l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle, désir de se lancer dans l’entrepreneuriat…les raisons sont nombreuses.

Avec la crise sanitaire qui a frappé de plein fouet l’emploi, bon nombre d’individus se sont trouvés face à une réalité dictée par le contexte sanitaire et économique où il n’y a plus d’emplois dans leur domaine d’expertise. Cela les a incités à réfléchir sur leur avenir professionnel et plus généralement sur leur sens de travail et à entamer un processus de reconversion. Pour y voir plus clair, Rekrute, acteur majeur dans le e-recrutement, a mené une enquête auprès d’un échantillon de 1 311 actifs sur leur projet de reconversion. On y apprend que plus de 6 cadres sur 10 ont déjà envisagé une reconversion professionnelle.
Plus de 31% des répondants ont déjà effectué une reconversion professionnelle, 14% sont en cours de reconversion, alors que 42% cherchent des informations pour entamer le changement. Seuls 12,39% ne sont pas pour la reconversion.
Pour Houda Aouragh, responsable communication et marketing chez ReKrute, «75% d’entre eux avaient déjà entamé leur reconversion professionnelle juste avant la crise. Nous pouvons ainsi constater que la recherche d’accomplissement des actifs marocains est plus que dans l’air du temps ! Près de 40% des actifs ont ainsi déclaré que la crise sanitaire a joué un rôle dans leur prise de décision et les a encouragés à se lancer de la reconversion professionnelle».

Le désir de changement comme principale source de motivation
En ce qui concerne les raisons de changement, l’enquête montre que le désir de changement, principal déclencheur d’une reconversion professionnelle, reste la principale source de motivation pour les cadres sondés. De même que le manque d’épanouissement professionnel, le sentiment d’avoir atteint la fin d’un cycle professionnel, réussir l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle, le désir de se lancer dans l’entrepreneuriat…, figurent parmi les raisons invoquées. Toutefois, l’enquête a constaté que ce changement n’est pas sans difficultés. Quelle est alors l’attitude observée chez les gens en phase de transition? Selon Mme Aouragh, «un revirement comme une reconversion professionnelle peut être source de grand stress et de questionnement. La reconversion professionnelle est un processus qui demande une préparation tant sur le plan psychologique qu’organisationnel».
Parmi les difficultés avancées pour ceux qui ont enclenché le processus, on y trouve notamment la difficulté de choisir sa voie (26,94% des cas), la difficulté à concrétiser son projet d’entreprenariat (21,76% des cas), la difficulté d’être accompagné dans la démarche d’entrepreneuriat (14,51% des cas), la difficulté à faire accepter la démarche auprès de la famille (15,3% des cas), identifier le bon organisme de formation (5,70% des cas) ou encore trouver la bonne formation (10,36% des cas). Ceci dit, la reconversion a été bénéfique pour bon nombre de répondants ; de l’épanouissement professionnel et personnel (51,85% des cas), un nouvel équilibre (31,09% des cas) ou un sentiment d’accomplissement (26,94% des cas). Dans un autre registre, la démarche leur a procuré du stress (16,06% des cas) ou des difficultés d’ordre financier (17% des cas).

Recours au bilan de compétences avant de se lancer
Comment alors booster sa reconversion ? Selon toujours la même source, «les actifs marocains prennent très au sérieux leur reconversion professionnelle et essayent de se doter des meilleurs outils pour réussir leur projet. En effet, plus de 30% ont décidé d’opter pour un bilan de compétences avant de se lancer, 29% ont effectué une formation via un organisme et 26% ont décidé de s’auto-former», précise Mme Aouragh. Pour réussir ce projet, elle recommande «d’être à l’écoute de soi : La perspective d’un changement de cap a de quoi faire peur. Il est essentiel de prendre son temps et de ne pas réagir seulement sous le coup de l’émotion».
Et si c’était à refaire ? 65% sont prêts à se lancer, s’ils devaient le faire une seconde fois, contre 28% qui attendraient que le contexte économique soit plus favorable.