Les questions que posent les recruteurs et comment y répondre

Passé, situation actuelle, avenir, compétences, personnalité : le candidat doit entièrement se livrer.
Se vendre est difficile, mais il ne faut pas que la pudeur l’emporte sur la nécessité de mettre en relief les qualités personnelles.
La franchise est le meilleur atout parce que le recruteur peut toujours vérifier certaines informations.

Vous venez de décrocher un entretien d’embauche. C’est déjà un bon point d’autant plus que, compte tenu de la rigidité du marché de l’emploi, votre demande a très certainement été retenue parmi des centaines d’autres. Mais la partie n’est pas pour autant gagnée. Bien au contraire. Il faudra passer l’étape cruciale du face-à-face avec le recruteur. Qu’il soit cadre de l’entreprise ou consultant externe, sa préoccupation est la même : chercher à savoir que vous êtes bien le profil idoine pour le poste à pourvoir. Et pour cause, la compétence technique mentionnée sur le papier ne suffit pas, il faut un ensemble d’autres qualités humaines pour convaincre l’interlocuteur qui, dans bien des cas, cherchera à vous pousser dans vos derniers retranchements pour jauger vos motivations et votre volonté de donner le meilleur de vous-même. Dans un tel contexte, il arrive que les meilleurs se montrent très timorés lors d’un entretien par peur de décevoir, ou fassent preuve d’un excès de confiance. C’est pourquoi, un entretien doit être préparé minutieusement.

Attention aux questions qui semblent déconnectées de l’objet de l’entretien !
D’abord il convient de s’assurer à l’avance du lieu et de l’heure du rendez-vous pour éviter, le jour J, les retards qui donnent une première mauvaise impression au chargé de recrutement.
Pour éviter toute autre mauvaise surprise, il faudra se munir d’un certain nombre de documents essentiels : un bloc-notes avec de quoi écrire (les notes que vous prendrez pendant l’entretien serviront à en préparer d’autres et à montrer l’intérêt que vous portez à la discussion) ; un cv identique à celui que vous avez envoyé, le texte de l’annonce presse s’il existe, la copie des articles, le mémoire et les études que vous avez publiés, un agenda, des bulletins de salaire et/ou certificats de travail délivrés par le précédent employeur.
Ensuite, avant la réunion, il faudra essayer de se focaliser sur l’issue. Le stress que cela provoque constitue le premier adversaire d’un candidat. Par conséquent, une préparation psychologique personnelle s’impose.
Arrivent maintenant les choses sérieuses. On doit retenir, comme l’explique Essaïd Bellal, DG du cabinet Diorh, que «certaines questions relèvent de la logique d’embauche, alors que d’autres, parfois déconnectées de l’objet de l’entretien, ont pour but de mesurer la capacité du candidat à réagir devant un imprévu ou à se sortir d’une impasse». Il ne faut donc rien négliger. Tout a son importance. Préparez-vous donc à raconter votre histoire, sans aucune crainte, sachant que toutes les informations que vous communiquez sont strictement confidentielles.
Eu égard à l’importance du poste, un entretien peut durer plusieurs heures et comprend plusieurs chapitres.
Sur le passé. Les questions du recruteur portent sur la nature de la formation, le lieu, le niveau d’études, l’expérience professionnelle… Même si toutes ces informations figurent dans votre cv, elles sont toujours soulevées d’entrée. D’où l’importance de rester fidèle à la première version.
Sur la situation actuelle. L’employeur s’interroge toujours sur la disponibilité du postulant. Peut-il rejoindre tout de suite ou lui faut-il un délai plus ou moins long pour se libérer ? Le recruteur veut également des éclaircissements sur le nombre d’entreprises contactées, la durée de chômage (si le candidat est dans cette situation), la nature des propositions reçues, les prétentions salariales…
Sur l’avenir. Les interrogations portent très souvent sur les objectifs professionnels, à plus ou moins long terme.
Sur l’organisme qui recrute. Le candidat sera invité à expliquer son choix (pourquoi cet organisme ?), ses motivations, ses projets pour l’entreprise.

Certains recruteurs préfèrent des discussions peu formalisées
Les questions les plus délicates ont cependant trait à la personne elle-même. Délicates, parce qu’il est souvent difficile d’étaler ses points forts sans retenue. Pourtant, pour se vendre, il faut bien en passer par là. Ce volet est relatif aux compétences et à la personnalité.
En ce qui concerne les compétences, on peut retenir les questions suivantes :
– dans quel domaine vous sentez-vous le plus compétent ?
– dans quels domaines devez-vous progresser ?
– pourquoi c’est vous qui êtes le plus apte pour ce poste ?
Aujourd’hui, la maîtrise de quelques langues étrangères est indispensable pour certaines fonctions. Cette question sera donc forcément abordée.
Pour ce qui est de la personnalité, le recruteur voudra en savoir un peu plus sur les loisirs ou les activités extra professionnelles. Ces occupations reflètent souvent les capacités d’une personne à se gérer ou à se fondre dans un groupe. Le candidat peut aussi être interrogé sur ses qualités et ses défauts, son aptitude à assumer des responsabilités, le genre de patron ou de collaborateur avec lesquels il désire travailler, sa capacité à accepter des valeurs ou centres d’intérêt autres que les siens.
Pour bien mesurer le niveau d’ouverture du candidat, nombre de recruteurs prennent aussi plaisir à aborder l’actualité nationale ou internationale. Un cadre qui ignore tout de son environnement sera perdant dès qu’il s’agira de réactivité.
Ces points soulevés ne sont cependant que des exemples. Il n’y a pas de questionnaire-type. Donc, il est inutile de se préparer à réciter par cœur des réponses préétablies. D’ailleurs, il existe des recruteurs qui préfèrent, dans certains cas, des discussions moins formelles pour mettre le candidat à l’aise. C’est ce qu’explique Mohammed Benouarrek, DRH à Novartis. L’essentiel c’est de répondre avec franchise : certaines informations peuvent être facilement vérifiées .

«Certaines questions relèvent de la logique d’embauche, alors que d’autres, parfois déconnectées de l’objet de l’entretien, ont pour but de mesurer la capacité du candidat à réagir devant un imprévu ou à se sortir d’une impasse.»

Pour ce qui est de la personnalité, le recruteur voudra en savoir un peu plus sur vos loisirs ou activités extra professionnelles, qui reflètent les capacités d’une personne à se fondre dans un groupe.

Les compétences techniques, qui figurent déjà sur votre CV, ne suffisent pas et ce que le recruteur traque, ce sont les qualités humaines nécessaires pour occuper le poste. Pour cela, il n’hésitera pas à vous pousser dans vos retranchements !