Les nouveaux habits du patron

Le patron modèle n’existe pas ; néanmoins, certaines qualités sont jugées nécessaires pour être un «bon patron».
Coachs, managers, cadres… tout le monde s’accorde sur le fait que la vision stratégique et le pragmatisme sont indispensables pour réussir.

Patron, mode d’emploi; A quoi servent les patrons ?; Adieu patron ! Bonjour coach !; Grands patrons, la fin d’un monde, ou encore, Ma vie de patron, le best-seller du célèbre Jack Welch, ancien dirigeant de General electric… On n’a jamais lu autant d’ouvrages sur les dirigeants. Qui n’a pas, de son côté, rêvé d’être patron, ne serait-ce que pour pouvoir mener sa barque comme bon lui semble ? Que ce soit au niveau national ou international, beaucoup de managers nous ont autant séduits par leur notoriété que par leur style de management. Charismatiques, autoritaires, visionnaires, paternalistes… chacun a son style. Toute entreprise a d’ailleurs besoin de ce genre d’hommes ou de femmes, à chaque niveau hiérarchique, surtout en cette époque, marquée par un perpétuel changement de l’environnement de l’entreprise. La grande question est de savoir comment ces patrons forgent leur personnalité. La réponse n’est pas simple. Et pour cause, le patron modèle n’existe pas dans l’absolu. D’ailleurs, il est difficile de dégager un profil type. En revanche, quelques caractéristiques ressortent et sont quasi indispensables à quiconque souhaite réussir dans sa mission de patron.

Etre proche de son équipe sans l’étouffer.
Avoir une vision pour l’entreprise est la première qualité recherchée chez un patron. On dit souvent qu’un leader est celui qui a les yeux rivés sur l’horizon et non sur le guidon et qu’il pense à long terme et non sur le court terme. «Un bon patron est celui qui est porteur d’une vision pour son entreprise, donne envie aux autres de réaliser des projets, des objectifs, voire les rêves qu’ils ont à l’intérieur d’eux-mêmes», note Patrick Barrau, coach et directeur associé au cabinet Maroc Devenir. Pour sa part, un jeune dirigeant se souvient de sa toute première mésaventure en tant que patron d’une entreprise familiale. «Je voulais prouver à mon entourage que j’étais capable de réussir rapidement. J’avais ma propre vision, sans tenir compte de celle des autres. Dès lors, le projet a mal abouti. J’ai réalisé que je m’y étais mal pris au départ». La vision ne suffit pas, il faut la pondérer en prenant l’avis des autres et arriver à leur vendre ses idées : un bon dirigeant est avant tout un stratège.
Autre caractéristique recherchée chez un bon manager : un esprit intuitif et pragmatique. «D’ailleurs, cette capacité ne s’apprend pas dans les écoles. Certaines personnes manifestent aisément cette forme de connaissance immédiate alors que d’autres ne la possèdent pas ou à un degré moindre. Chez un patron, l’intuition peut être souvent plus utile que le quotient intellectuel. Un patron qui sent bien les choses arrive toujours à surpasser les difficultés», souligne Ahmed Balafrej, dirigeant d’une PME.

Capacité d’écoute, humilité, fermeté… Des qualités indispensables.
Mais l’intuition à elle seule ne suffit pas. «Un bon dirigeant est pragmatique. Il passe la plupart de son temps sur le terrain. Qu’est-ce qui va ou qui ne va pas ? Pourquoi un tel produit ne marche pas sur le marché ? Pourquoi le moral d’une équipe est au plus bas ? Dès lors, il sait agir dans chaque situation. Il ne faut pas oublier que les personnes se rappellent toujours les faits et non les discours», note pour sa part Maria Bennani, responsable marketing et commercial dans une société de distribution d’électroménager.
Toutefois, pour garder l’estime de ses collaborateurs, il faut savoir aussi les écouter. Parmi les différents styles de management, on en trouve deux très différents : ceux qui parlent et ceux qui écoutent. Ces derniers ont plus de chance d’atteindre l’objectif. «On ne peut faire preuve d’empathie si on n’analyse pas profondément les attentes des autres. Il ne suffit pas non plus de tendre l’oreille à son interlocuteur mais de renvoyer un feed-back clair», note un patron d’une PME. Un véritable travail de coach, en somme.
Ne dit-on pas aussi qu’un dirigeant est respecté pour ce qu’il est alors que le leader est respecté pour ce qu’il fait ? L’ex-patron d’une multinationale avait dit : «La légitimité d’un grand dirigeant réside dans sa capacité à servir et non pas à se servir». Ce qui revient à dire que l’humilité reste également une qualité très appréciée chez les managers. «Un manager humble se démarque très vite dans l’entreprise. Quand on a un patron pareil, on désire le côtoyer à longueur de journée parce qu’il sait inspirer confiance », fait remarquer Mohamed Salouki, technico-commercial dans une entreprise pharmaceutique. Pour M. Barrau, «l’essentiel pour le dirigeant est de ne jamais oublier que, par-delà ses responsabilités et son pouvoir, il reste un être humain semblable aux autres».
Finalement, un bon manager est celui qui sait prendre les bonnes décisions quand il le faut. Il sait aussi être autoritaire, surtout lorsqu’il s’agit de trancher sur un problème. Mais il ne s’agit en aucun cas de s’imposer arbitrairement. «Il doit avoir la capacité de résoudre clairement un problème, sans attendre indéfiniment. Pour ma part, je n’attends pas que mes collaborateurs viennent frapper à ma porte toutes les cinq minutes», note M. Balafrej. La nature a horreur du vide. Si ce n’est plus vous qui décidez, ce sera votre environnement : vos clients, vos concurrents, vos employés. En somme, il faut maîtriser l’environnement et non le subir .

«Un bon dirigeant est pragmatique. Il passe la plupart de son temps sur le terrain. Qu’est-ce qui va ou qui ne va pas ? Pourquoi un tel produit ne marche pas sur le marché ? Pourquoi le moral d’une équipe est au plus bas ? Dès lors, il sait agir dans chaque situation.

Le bon patron met en valeur le travail de ses collaborateurs qu’il accompagne et guide, tel un chef d’orchestre dont la baguette aide chacun à jouer sa partition.