Le podcast learning, le tout dernier arrivé dans la panoplie du digital learning

Former ses collaborateurs en utilisant des capsules audio, le digital learning se renforce avec un nouveau mode d’apprentissage. Se former quand on veut, où on veut, au rythme que l’on veut… Il apporte souplesse et agilité.

Format plus court, plus flexible, plus pratique…, le podcast learning est le tout dernier arrivé dans la panoplie du digital learning. «A l’heure de la Covid, du télétravail renforcé pour les salariés et de la difficulté à organiser du présentiel, le podcast vient s’ajouter au déjà large panel de ressources pédagogiques disponibles et enrichir les parcours de digital learning. Certaines entreprises plébiscitent de plus en plus de nouvelles modalités d’apprentissage plus agiles», explique Mohamed Tazi, directeur de LMS Formation.

Pour les néophytes, le podcast learning ou le micro learning est tout simplement du contenu audio spécifiquement créé pour une diffusion numérique, qui peut être écouté en streaming ou téléchargé via internet ou des applications. S’il est plébiscité dans le domaine de la formation, c’est parce qu’il apporte une nouvelle fraîcheur dans l’apprentissage. Tout comme la video, l’apprentissage par audio s’avère idéal pour mémoriser, faire passer des messages, des émotions.

Pour Ghita Benboujida, directrice innovation au sein du cabinet LMS, «il s’impose parmi les nouveaux formats de formation, parce qu’il permet aux apprenants de se former quand on veut, où on veut, au rythme que l’on veut. Cet avantage d’agilité permet également de stimuler l’engagement et la mémorisation des apprenants, surtout le public réticent avec d’autres formats plus habituels comme les textes». Et de rajouter que «ce type de format s’apprête beaucoup plus les thématiques plus récentes comme le management 4.0 ou le design thinking».

D’ailleurs, face à une demande de plus en plus manifeste, le cabinet s’est lancé dans la création de contenus audio à destination des entreprises en proposant à la fois du sur-mesure et des contenus sur étagère. «Nous avons été approchés par une banque de la place pour mettre en place des podcasts sur l’automatisation bancaire, du trading, de la finance des marchés…, avec pour objectif la vulgarisation des métiers bancaires, surtout auprès des jeunes populations avides des nouvelles techniques d’apprentissage comme les serious games ou pourquoi pas du audio learning», rajoute Mme Benboujida.

Par exemple, certains métiers ou thématiques s’y prêtent particulièrement à ce mode, notamment dans le domaine de la force commerciale, de la relation client, de l’hygiène et sécurité ou encore du processus d’onboarding (intégration des nouvelles recrues).

Toucher le domaine de la communication d’entreprise

Pour sa part, Oussama Esmili, DG d’Ideo Factory, souligne que «ce nouveau mode est à la croisée des chemins entre la communication interne et la formation. Il peut s’élargir à des actions d’information et de communication, par exemple sur les valeurs de l’entreprise, ou répondre à des enjeux de partage d’expériences et de bonnes pratiques». Et de poursuivre que «certains groupes locaux qui disposent de gros effectifs et recrutent en masse, notamment dans le domaine du IT, de l’outsourcing et l’offshoring, recourent à ce genre de dispositifs ou créent notamment des radios internes qui font office de capsules podcasts».

Nul doute que le podcast peut aujourd’hui s’affirmer dans le domaine de la formation à distance. Toutefois, sa mise en place doit être dans le cadre d’une ingénierie de formation bien pensée. «L’ingénierie est nécessaire pour déterminer où placer le podcast learning au début, au milieu ou à la fin d’ un parcours de formation tout en le combinant avec d’autres formats comme le blended ou le présentiel. En plus, l’investissement n’est pas coûteux. Il faut se pencher sur la ligne éditoriale des podcasts s’il s’agit d’actions de communication, de messages à véhiculer, des thématiques abordées…», rajoute le DG d’Ideo Factory. Il se construit à partir d’objectifs pédagogiques qui sont déclinés sur chacun des épisodes, avec une réflexion sur la modalité narrative qui est la plus appropriée. Certains collaborateurs peuvent également être acteurs de la formation en participant à la création de podcasts ou même en prêtant leur voix en participant à l’enregistrement des contenus. Un moyen aussi d’attiser chez eux un certain intérêt.

L’évaluation n’est pas en reste, puisque des modalités d’évaluation des acquis, comme des QCM, peuvent ainsi être utiles. Il est également important d’engager le management dans le déploiement de la démarche.