Le marché vu par des employeurs

Philippe Pillaud
Conseiller en stratégie-développement, Exel Maroc

«Nous comptons embaucher 150 personnes en 2005»
«Dans notre domaine qui est celui de la logistique, les profils ne courent pas les rues. Le problème s’est posé particulièrement lors du démarrage de notre activité, il y a près de cinq ans. Peu de cadres supérieurs, peu d’agents de maîtrise… nous avions recruté des ingénieurs qui, pour la plupart, ont suivi une formation spécifique à l’étranger. Au vu du développement de notre activité, la cadence de nos recrutements a atteint son rythme de croisière. Nous comptons embaucher près de 150 personnes en 2005 sur des profils assez diversifiés allant du directeur logistique au directeur d’entrepôt ou encore du directeur d’exploitation au carriste (conducteur de chariot élevateur) ou au chauffeur expérimenté… Point important, nous mettons beaucoup l’accent sur l’expérience des candidats. Ces derniers doivent avoir une expérience significative dans le domaine de la logistique, surtout dans les grands groupes, là où la fonction prend toute son importance. Autre point à relever, les candidats doivent assurer une certaine polyvalence à tous les niveaux, posséder des qualités de communicateur et surtout un véritable sens de l’organisation.»

Mohammed Benouarrek
DRH dans une multinationale

«Nous faisons une pause après un programme de recrutement chargé en 2004»
«De manière générale, le marché de l’emploi marocain évolue en dents-de-scie. Ainsi, l’arrivée d’une ou quelques multinationales au Maroc crée une dynamique de recrutement et de mobilité. Actuellement, je pense qu’il y a un «slow-down» et une stagnation au niveau des recrutements, surtout pour les cadres, sur le marché de l’emploi marocain. La tendance à la hausse pour les recrutements, prévue pour cette année, ne s’est pas concrétisée et la vague de recrutements de fin d’année s’est à peine fait sentir.
Il faut reconnaître que la performance économique ne constitue pas à elle seule la cause de cette inertie. Le manque de nouveaux investissements de taille PME/PMI ou plus, fait que le marché de l’emploi reste limité.
Les profils recherchés, d’ordre général, restent assez diversifiés et horizontaux par rapport au marché européen de l’emploi, qui montre un intérêt pour les métiers, surtout pointus.
Je reste quand même optimiste pour l’avenir. On sent des indicateurs positifs dans l’air, bien que des paramètres scientifiques de jugement concernant le marché de l’emploi marocain restent limités. Pour notre part, nos besoins sont limités pour cette année, suite au recrutement d’une trentaine de personnes, tous profils confondus, en 2004. Moins d’une dizaine de nouveaux postes sont prévus durant l’année en cours.»