Le contenu détermine le lieu de la formation

Quand on traite de sujets qui relèvent du secret de l’entreprise, mieux vaut former en interne.
Un organisme extérieur permet d’apporter un regard neuf. L’idéal est de préserver un équilibre entre formation interne et formation externe.

Il y a plus d’un intérêt à former en interne! Pour Abdel-Ilah Jennane, directeur de l’IRH, intervient d’abord la question du coût. «La formation interne permet d’abord aux entreprises de faire des économies substantielles. Même si ce n’est pas l’intérêt majeur, c’est un avantage apprécié des entreprises. Elle permet aussi à l’entreprise de repérer et de «remercier» symboliquement ceux qui portent l’expertise maison. Cette reconnaissance n’a pas de prix. Enfin, cette formation développe un esprit et une culture internes forts. Elle permet, en outre, d’aborder certains sujets ou certaines thématiques qui ne peuvent être “sous-traitées”», explique-t-il.
Les multinationales préfèrent, par exemple, que les transferts des pratiques de la maison-mère se fassent par l’intermédiaire des expatriés ou de formateurs spécialement envoyés à cette fin.

Les formateurs doivent eux-mêmes être formés à la pédagogie à l’attention des adultes
«La formation en interne est privilégiée quand le nombre le justifie et quand l’objet de la formation est spécifique à l’entreprise», renchérit Khalid Benghanem. L’autre intérêt est qu’elle permet, en plus du contenu lui-même de la formation, «un échange et une opportunité pour débattre de questions propres à l’entreprise».
«La formation en interne est une bonne démarche pour renforcer la culture formation, capitaliser les savoirs, démultiplier les formations à moindre coût. Mais, attention aux compétences et à la crédibilité des formateurs internes !», prévient Youssef Tahiri.
La formation externe reste cependant indispensable pour bénéficier d’un regard neuf, plus objectif et neutre par rapport aux divers enjeux internes. Il est sans aucun doute un équilibre à respecter entre les deux types de formation. «Les formations extérieures, explique le directeur de l’IRH, permettent une ouverture sur les “best practices” et des échanges toujours fructueux. Il faut également veiller à ce que les formateurs internes, occasionnels ou permanents, soient eux-mêmes formés aux techniques d’andragogie (pédagogie à l’attention des adultes) et d’animation.» Ensuite, tout est possible. Même, comme on a pu le voir dernièrement, la certification des formateurs internes d’une entreprise marocaine.