Le bénévolat, une autre manière pour les cadres de s’épanouir

Les cadres se consacrent de plus en plus à des activités associatives.
Caritatif, sportif, social, artistique ou éducatif, pour beaucoup d’entre eux, l’intérêt est avant tout de couper avec la vie professionnelle.
Humanisme, générosité, sens du partage… Ce sont les principales motivations.

Faire du bénévolat, s’investir dans une association non lucrative, donner du temps aux autres… visiblement, ce genre de démarche n’intéresse plus uniquement les retraités, les femmes au foyer, les personnes handicapées ou ceux qui ont du temps à dépenser. Aujourd’hui, de plus en plus de cadres cherchent, à travers cette voie, d’autres sources d’épanouissement.
Humanitaire, caritatif, sportif, social, politique, artistique ou éducatif, pour beaucoup d’entre eux, l’intérêt est avant tout de couper avec la vie professionnelle. La passion de Mohamed Amine Sobhi, informaticien de son état, c’est donner des cours gratuitement aux néophytes dans les nouvelles technologies. «Cela me prend un week-end sur deux. Je prends un réel plaisir à le faire. Du coup, je m’enrichis moi-même des autres», souligne-t-il. Adnane Raiss, représentant national de Sife, organisation mondiale qui regroupe près de 2 000 universités et grandes écoles, se passionne pour l’associatif depuis de nombreuses années. «J’ai besoin de partager certaines valeurs comme l’humanisme, la générosité ou la solidarité. Des valeurs qui deviennent rares dans le milieu du travail», ajoute-t-il. Pour ce jeune manager qui passe la plupart de son temps à encadrer les managers de demain, la satisfaction est donc grande. Idem pour Marouane Bentalha, responsable marketing et commercial dans une entreprise de matériel informatique et membre fondateur d’une association universitaire. «Quand on fait le bilan de nos réalisations, avec le peu de moyens dont on dispose, on peut en être fier».
De même, lorsqu’on rencontre ces bénévoles, qui pour la plupart endossent de vraies responsabilités dans leur job, on sent bien que tous en retirent quelque chose. En premier lieu, un apprentissage sur soi. Si étrange que cela puisse paraître, s’engager dans une association est une bonne façon de décloisonner ses connaissances humaines. «Le fait de se rendre utile, avoir le sens du partage et de la communauté ne fait que renforcer votre personnalité», affirme J. S., comptable dans une PME. Tel est le cas également de Mohamed Amine Sobhi. Celui-ci intervient notamment dans la mise en place de programmes informatiques qu’il a effectué à titre gratuit. «Le fait de donner du temps aux autres a considérablement développé ma capacité d’écoute. Ce qui m’est très utile avec la clientèle».

Le bénévolat peut être constructif en enseignant à mieux travailler
Enrichissant pour l’individu et pour l’entreprise ? Oui. Des ponts existent entre l’action bénévole et le monde du travail. En clair, le bénévolat peut être constructif en apprenant à mieux travailler. «Business plans, quête d’entreprises partenaires pour les projets, le fait d’exercer des responsabilités associatives est aussi un facteur de progression personnelle. Vous finissez par affiner votre organisation du travail. Vous devenez plus efficace et mieux armé pour défendre vos projets. Et cela sert forcémment dans l’environnement de travail», explique Karim B., cadre dans une société d’édition.
J.S., le cadre comptable déjà cité, ne cache pas son plaisir à mener différentes actions au sein de son association.
Sa passion : participer à la confrontation d’idées lors des réunions hebdomadaires. «La grande différence entre une entreprise et une association tient dans la façon dont se prennent les décisions collectives, explique-t-il. Elles sont le fruit d’une concertation permanente, d’une recherche continue de la meilleure solution. Chacun s’exprime en fonction de ses convictions, sans être bridé par un quelconque rapport hiérarchique. Sur le plan personnel, cela me satisfait pleinement puisque cela favorise la prise de décision. J’essaie d’adopter le même style en entreprise, même si ce n’est pas toujours facile».
En s’engageant, on a souvent l’occasion de rencontrer des personnes d’horizons différents et il est possible de nouer des liens improbables en d’autres circonstances, d’étoffer son carnet d’adresses. Bref, chaque personne que l’on rencontre est susceptible de vous ouvrir de nouvelles perspectives. Mais il ne faut pas que l’altruisme se mue en opportunisme.
Autre leçon : la prise de recul. «Lorsque je sers un repas à un SDF qui me témoigne alors de la sympathie de façon simple, et que j’entends ensuite, au travail, un collaborateur qui râle pour une futilité, je relativise», souligne Mohamed Amine Sobhi. Pour sa part, J. S., lui, décompresse grâce à son club sportif : «Dans une PME, on est sollicité de toutes parts ; j’ai souvent tendance à dire que, si le club n’existait pas j’aurais déjà craqué !»

Le bénévolat permet de couper avec la vie professionnelle mais il traduit aussi l’implication dans le développement du pays. Une façon de mettre en œuvre la notion d’entreprise citoyenne.