La personnalité influe de manière importante sur le style de management

Directif, participatif, délégatif ou persuasif : quatre styles de management sont plus ou moins répertoriés.
n Personnalité, parcours professionnel, culture d’entreprise, environnement et métiers de l’entreprise, le style varie en fonction de ces principaux facteurs.
Directif, participatif, délégatif ou persuasif : quatre styles de management sont plus ou moins répertoriés.
Personnalité, parcours professionnel, culture d’entreprise, environnement et métiers de l’entreprise, le style varie en fonction de ces principaux facteurs.

Ce n’est pas une sinécure que de diriger une équipe. Et pour cause, la diversité des personnalités fait qu’il est quasiment impossible d’adopter le même comportement avec tout le monde. Quand certains ne fonctionnent que sous la menace, d’autres ont besoin d’écoute et parfois d’encouragement, sinon de flatterie pour donner le maximum. Un bon manager doit connaître la façon de réagir de ses collaborateurs et adapter son style de management à la personnalité de chacun. Il est bien évident que la tâche n’est pas toujours aisée. Eclairage, avec Assia Aiouch, DG du cabinet Optimum Conseil – Groupe BPI.

La Vie éco : Qu’entend-on exactement par style de management ?
Assia Aiouch : Avant de parler de style, il faut d’abord définir ce qu’est diriger. Je dirais que la mission d’un manager comporte deux volets. Le premier concerne la gestion et le pilotage d’activité (opérationnel, financier…) tandis que le deuxième concerne l’animation des équipes. Sur ce dernier point, on attend de lui qu’il fixe des objectifs, communique, délègue, motive… Quant au style de management, il va dépendre essentiellement de la personnalité du manager et de son parcours professionnel, de la culture d’entreprise, de son environnement et de ses métiers. C’est la résultante de plusieurs composantes.
Grosso modo, on peut dire que le style de management repose sur deux grandes approches.
L’une, managériale, qui repose sur des techniques, des méthodes et des concepts définis. Les valeurs partagées vont de pair avec les compétences et le management par objectifs.
La deuxième est de type «social», et elle s’articule autour de la mise en valeur des individus. Par exemple, le style peut y être du type participatif. Les valeurs prônées sont alors la responsabilisation et la communication.

Y a-t-il un style qui domine dans les entreprises marocaines?
Concrètement, on trouve de tout. Les entreprises marocaines sont de véritables chantiers en matière de management. On y trouve aussi bien le style directif, voire «makhzénien», que participatif ou délégatif. Malheureusement, il existe encore des managers qui ne croient pas encore dans le style participatif. Certains d’entre eux estiment encore que leur style a toujours fait ses preuves pendant des années au sein de leur entreprise et s’obstinent à ne rien changer.

Que peut-on gagner à changer son mode de management, par exemple ?
Il faut dire qu’à un moment donné, le changement devient incontournable. Quel que soit le secteur d’activité, les managers sont appelés à conduire des réflexions sur la manière dont va évoluer leur entreprise, aussi bien sur le plan technologique, organisationnel que managérial. Il est extrêmement difficile de conduire un changement au sein de l’entreprise si, déjà, le style de management ne s’adapte pas à la situation. C’est en effet ce style de management qui détermine le mode de prise de décision et la nature des relations avec les collaborateurs.

On cite souvent les deux grands styles de management connus, à savoir le participatif et le directif ; existe-t-il d’autres styles, moins connus ?
Tout à fait ! Il existe le style persuasif, dont le champ d’action s’articule autour de la mobilisation. Ce style privilégie beaucoup plus le relationnel que l’organisationnel. D’un côté, il permet le renforcement de certaines valeurs, comme la reconnaissance, l’esprit d’équipe et la confiance. De l’autre, il permet au manager d’affirmer sa présence, son implication voire, dans certains cas, son charisme.
Il existe également le style délégatif qui repose sur la responsabilisation. Cette approche permet aussi de valoriser l’effort des collaborateurs, de les faire adhérer, d’augmenter leur prise d’initiative et leur confiance en soi… Pour le manager, elle reflète un côté «bon manager», sympathique et confiant.
Encore une fois, je soulignerais qu’un style de management particulier dominera selon le contexte ou la situation dans laquelle on travaille. On sera amené à être plus directif, plus participatif ou plus persuasif, dans certaines situations que dans d’autres.
Par ailleurs, un bon manager est celui qui sait adapter son style de management à son environnement de travail. Cela permettra d’abord d’avoir des collaborateurs plus réceptifs à la dynamique du changement, et en mesure de développer leur propre autonomie.
En revanche, ceux qui ne parviennent pas à s’adapter auront besoin d’orientations, d’objectifs clairs et d’un suivi régulier. Un bon manager, c’est aussi celui qui sait adapter son style à la nature de ses collaborateurs.

Et si on n’y arrive pas ?
On risque d’avoir des collaborateurs totalement perdus, voire déboussolés et incapables de suivre.

Comment faire pour améliorer son style de management ?
On ne se transforme pas, mais on peut évoluer. Encore faut-il connaître son style de management, connaître ses points forts mais aussi accepter ses points faibles et les transformer en axes de progrès. On peut recourir notamment au coaching individuel pour y arriver. Mais au préalable, il faudra prendre du recul.
Le problème est qu’il est très difficile de le faire lorsque le rythme de travail est soutenu. Dans ce cas, on risque de s’engluer dans un rôle de gestionnaire plutôt que dans celui d’animateur d’équipe.

Assia Aiouch DG d’Optimum Conseil
Le style de management repose sur deux approches, l’une managériale, l’autre sociale.