Je fais trop bien mon travail et ça dérange mes collègues !

On m’avait bien prévenu de ne pas accepter l’offre de travail de cette entreprise, car des amis qui l’avaient quittée m’avaient parlé de la mauvaise ambiance qui y régnait. Mais bon, l’offre financière était vraiment intéressante et j’en avais besoin et puis on me proposait exactement le poste que je voulais dans un contexte où l’entreprise voulait justement insuffler de nouvelles énergies. Maintenant, je comprends mieux mes amis, parce qu’ici quand on fait bien son travail on est tout de suite critiqué, j’ai même une collègue qui m’a dit «mais pourquoi tu bosses autant, ce n’est pas la boîte de ton père ???». Est-ce que faire «bien» son travail serait une faute ?

Que me conseillez-vous ?

Parfois une entreprise se met en quête de certains profils pour insuffler un vent nouveau au sein de leurs équipes. Et c’est souvent une erreur et ce, à plus d’un titre !

Bravo…

Oui, bravo, car si vous continuez de faire «bien» votre travail c’est que vos valeurs et notamment votre éthique sont bien ancrées en vous. Maintenant, ce n’est pas à vous de mettre en place un changement au sein de votre entreprise. En tout cas certainement à vous TOUTE SEULE !

Votre manager devrait être capable d’identifier vos performances, vous encourager et favoriser un environnement qui vous permettra de continuer dans cette voie sans appréhension des réactions de certains de vos collègues. Mais pas seulement, car la direction générale devrait analyser les causes de ce turnover (qu’ils n’ont pas pu ne pas remarquer) de profils dits «haut potentiel» et qui malgré un package financier intéressant finissent par quitter le navire. Une fois les causes identifiées il faut instaurer des procédures CLAIRES pour y remédier, par exemple, en termes de quantification des performances, identification des surperformances et valorisation de ces dernières.

Résistez mais pas à n’importe quel prix …

Tant que vous le pouvez ! C’est-à-dire tant que vous ne passez plus de 30% de votre temps et énergie à vous battre en interne. Dans le cas contraire, il est préférable d’envisager un autre travail où vous pourrez tout simplement faire votre travail. Car il n’est pas question que cet environnement finisse par écorner vos valeurs et motivations ou, pire, vous affaiblir et vous faire flancher en rejoignant «l’autre camp». Commencez par vous concentrer sur votre travail et vos objectifs et surtout évitez d’écouter ces critiques de collègues qui vous reprochent votre conscience professionnelle. Vous êtes un miroir pour elles, un miroir qui renvoie leur manque de conscience professionnelle et leurs performances médiocres, mais surtout vous représentez un DANGER. Car vous pourriez bien faire «jurisprudence» en démontrant/confirmant aux managers que des performances plus élevées sont largement possibles.

Aussi, si d’aventure vous étiez amenée à entendre ce type de reproche à l’avenir, répondez simplement «je suis là comme toi pour réaliser un travail qui correspond à mon contrat et au salaire que je perçois, et je suis sûre que tu comprends cela aussi bien que je peux comprendre ton point de vue», le tout sur un ton le moins agressif possible et pour lui montrer justement que vous ne souhaitez pas être un danger pour elle en empiétant sur son «terrain» par exemple.

N’essayez pas d’argumenter et encore moins de convaincre vos collègues de changer et vous verrez qu’ils (en tout cas ceux-là) finiront par se lasser, car que vous n’entrerez pas dans leur jeu de discussions stérile et surtout parce que comme le disait feu Hassan II : «Il ne sert à rien d’apporter des arguments de bonne foi à des personnes de mauvaise foi».

Il y a d’autres résistants comme vous !

Vous ne pouvez être la seule au sein de toute une entreprise à «résister», il y a certainement des personnes qui partagent la même opinion que vous. Votre mission sera de les identifier et de multiplier les occasions d’échanges, de discussions et voir le travail avec elles. A plusieurs on se sent plus fort, et donc moins seul. Alors, à vous d’agir dans ce sens, et de créer l’équipe des résistants !

Rappelez-vous que c’est par temps de tempête que l’on peut apprendre à se connaître vraiment, et que ces épreuves renforcent nos convictions et, dans votre cas, vous permettront de «bénéficier» de la meilleure formation en matière de conduite de changement !

A vous de jouer !