Ils parlent de leurs attributions et de leurs méthodes de travail

Sandrine Salvagnac
Chargée de la communication à la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc
«Deux atouts : polyvalence et disponibilité»
«Notre métier présente différentes facettes en fonction de l’organisme dans lequel on exerce. Un chargé de communication dans une entreprise qui propose des produits grand public aura à gérer les campagnes, médias d’envergure, du marketing direct, alors qu’au même poste, dans une autre entité, le travail sera par exemple plus axé sur la communication institutionnelle, les relations publiques et les relations avec la presse. Il est donc important de maîtriser l’ensemble des techniques de communication.
A la CFCIM, la fonction revêt des aspects très variés, ce qui fait tout son intérêt. Il y a bien entendu un grand volet institutionnel (plaquette généraliste, RP) mais aussi un volet communication produit important. Il s’agit de concevoir et mettre en œuvre la communication d’événements comme Marocotel ou France Expo. Ces missions sont menées conjointement avec les départements organisateurs. Mon rôle consiste alors à optimiser l’investissement communication tout en veillant à la cohésion globale des messages véhiculés et à l’image de notre chambre.
Je travaille en corrélation avec les différents départements de notre chambre (l’appui commercial, la formation,…) et sous l’autorité de notre directeur général. Cette hiérarchie est assez courante sur ce poste et permet au chargé de communication un travail opérationnel transversal rapide et efficace. Je rends ainsi compte à la direction générale des travaux en cours et peux également attirer son attention sur des points particuliers à travailler. Je dirais que la polyvalence et la disponibilité sont les deux qualités qu’il faut avoir. Polyvalence car les besoins peuvent être très différents d’une structure à l’autre. Disponibilité, sur de l’événementiel, par exemple, parce que les temps forts auront lieu «hors temps de travail» et nécessiteront la présence du coordinateur, véritable chef d’orchestre de la manifestation.»

Adiba Lahbabi
Directrice de la communication à la BMCI
«Toujours anticiper et non pas réagir»
«Les métiers de la communication connaissent un engouement dans les entreprises marocaines. La preuve en est que les demandes de stages pour cette fonction augmentent davantage au même titre que pour le marketing. Ceci dit, le métier requiert beaucoup de qualités à savoir une bonne capacité de réflexion, de créativité, d’organisation et une capacité rédactionnelle importante. Le cursus initial va, avec le talent et la détermination, conditionner l’évolution des carrières et des salaires des responsables. Ceci dit, le métier n’est pas de tout repos. Même s’il est passionnant, il est aussi prenant. Une communication, c’est d’abord la maîtrise de l’information. Il ne faut pas oublier qu’une action mal communiquée peut faire des dégâts. Par conséquent, il faut toujours anticiper et non pas réagir, surtout lorsqu’il s’agit de faire face à une crise. L’autre contrainte est qu’il faut travailler constamment dans l’urgence. Comme nous sommes en bout de chaîne, il faut mettre en valeur toutes les actions ou toutes les idées émises en interne pour que le message passe bien.»

Sanaë Alami-Afilal
Directeur marketing (Caisse de dépôt et de gestion)
«Le métier requiert créativité et rigueur»
«Les missions assignées à la direction marketing et communication de la CDG (Caisse de dépôt et de gestion) sont les suivantes :
– nourrir la réflexion marketing stratégique du groupe CDG ;
– animer le processus de réflexion marketing dynamique en réseau du groupe et assurer les opérations de co-marketing groupe ;
– concevoir et mettre en œuvre les stratégies de communication et de relations publiques de la CDG ;
– animer et coordonner la politique de sponsoring du groupe.
Je suis dans la profession depuis 15 ans. Il n’y a pas de contraintes particulières. C’est un métier extrêmement enrichissant qui fait constamment appel à la créativité et à la rigueur. Travailler dans un tel domaine dans le cadre de la CDG, qui intervient sur plusieurs marchés, avec divers métiers – qu’ils soient concurrentiels ou d’intérêt général – est un exercice stimulant.
Dans une entreprise structurée, l’information n’est plus un pouvoir, c’est soit un outil marketing, soit un outil de management. Dans tous les cas, c’est un devoir.»

Nabil Berrada
Directeur de la communication et des relations institutionnelles à Méditel
«Une bonne expérience en management est nécessaire»
«Un directeur de communication est soit «général» soit «secrétaire». Son rôle est d’agir avant tout en véritable consultant. Il ne fait pas que passer le message. Il participe à son élaboration avant de le mettre en œuvre. Il est le garant de l’image de l’entreprise en interne et en externe. En interne, il s’agit d’informer et fédérer les collaborateurs. En externe, sa mission est plutôt de développer et renforcer la connaissance et la notoriété institutionnelle, financière et éthique de l’entreprise, d’affirmer la pérennité de son métier et de gérer le risque d’image.
Pour ma part, je dirais qu’une bonne expérience en management est nécessaire pour exercer le métier. Compte tenu des projets que nous menons, notre métier exige beaucoup de précision. Il demande beaucoup de rigueur, d’écoute, de polyvalence et de disponibilité. Il faut aussi être réactif.»