Il faut garder à  l’esprit son auditoire

Beaucoup de managers ont du mal à parler en public. Comment expliquer ce problème ?
Ils croient sans doute que la prise de parole est réservée à une élite dotée d’un talent naturel. Cela est totalement faux ! La prise de parole s’apprend et s’appuie sur des techniques simples et efficaces. Le blocage vient avant tout d’une notion qui nous est chère : la zone de confort. Certaines personnes ont du mal à élargir cette zone et préfèrent se cantonner à ce qu’elles savent bien faire!
La technologie y est aussi pour beaucoup. En effet, l’apparition de certains outils (datashow, logiciel de présentation, visio-conférence…) a été un choc pour certains managers pour qui «les résultats doivent parler d’eux-mêmes».
Il est vrai également que la prise de conscience qu’une bonne maîtrise en matière de prise de parole est indispensable aujourd’hui a été assez tardive au Maroc. Mais avec la mondialisation et les exigences de plus en plus élevées des clients, savoir parler en public est important.

Quels sont les comportements à éviter ?
En matière de prise de parole, je préférerais parler de zones de risque.
Votre présentation risque de traverser de fortes turbulences si vous
n’avez pas préparé suffisamment ce que vous allez dire et que vous vous
êtes contenté de préparer de magnifiques, mais souvent trop nombreux supports visuels. Lors de notre formation en prise de parole, nous relevons quasi-systématiquement que les participants passent 80% de leur temps à préparer les supports et, dans le meilleur des cas, 20% à s’entraîner sur ce qu’ils vont dire.
De fortes tempêtes risquent de s’annoncer si vous décidez d’imiter une personne de votre entourage qui «assure» en matière de prise de parole ; il est bien plus efficace de rester soi même, avec ses défauts et ses tics de langage, plutôt que d’emprunter ceux des autres. Le dernier risque «climatique» consiste à ne pas s’intéresser à son auditoire. Aussi, il s’agit de garder constamment à l’esprit son auditoire : qui il est ; ce qu’il attend ; son niveau de connaissance, et ce afin de faire une vraie bonne présentation, à savoir une présentation qui atteint les objectifs fixés.
Enfin, n’oublions pas ce que le fondateur du groupe Carnegie disait à ce propos : «Il y a trois types de présentations : celle que nous avons préparée, celle que nous avons délivrée et celle que nous aurions aimé faire».

Des tuyaux pour être plus performant ?
Pour s’améliorer, il faut pratiquer le plus possible ! Ce n’est qu’en se « jetant à l’eau» le plus souvent possible que nous pouvons espérer gagner des points. Suivre des formations peut également être très utile. Toutefois, ces séances ne peuvent donner des résultats qu’à deux conditions. La première est la volonté du participant de changer ; il doit ainsi saisir chaque occasion de prise de parole, dès le lendemain de la formation, quitte à provoquer lui-même les occasions. La seconde est une parfaite maîtrise du sujet par le formateur.

Yasmina Chbani DG Dale Carnegie training