Huit bonnes résolutions à  prendre en 2005

Le début d’une nouvelle année est symboliquement considéré comme un repère.
Délégation, optimisation du temps, proximité avec l’équipe, développement de l’entreprise, pratique d’un sport. Sélection et conseils.
Pour ne pas flancher, il est nécessaire de se fixer, comme au travail, des objectifs datés et si possible chiffrés.

Adieu 2004, nous voilà en 2005. Bien sûr, il n’y a pas de frontière physique entre deux années ; la ligne de démarcation est surtout psychologique. Il n’empêche, le passage est vécu comme une rupture entre deux époques et le début d’une nouvelle année est considéré comme un point de départ. C’est ainsi que, pour respecter la tradition, nous sommes nombreux à formuler des vœux aux proches, aux amis et collègues… Nous en recevons également beaucoup. Néanmoins, il faut se rendre à l’évidence que ces prières ne seront exaucées que si l’on se prend en main.
En effet, en regardant dans le rétroviseur, on se rend compte qu’il y a mille et une choses que l’on peut faire pour éviter les errements du passé et donner une nouvelle perspective à une carrière professionnelle. Evidemment, on ne peut envisager de tout régler d’un coup, mais il est possible de se donner une petite claque pour se remettre en selle en changeant certaines mauvaises habitudes : ce sont les bonnes résolutions que l’on prend généralement en début d’année, que l’on soit patron, cadre ou simple collaborateur.
Combien de petits conflits pourrait-on désamorcer, si on faisait plus attention aux problèmes des collaborateurs ou des collègues ou si l’on prenait le temps de dialoguer, de discuter ? Plus d’écoute, c’est cela qu’il faut. Pour un manager, il s’agit d’une des qualités les plus recherchées parce qu’elle permet de comprendre les problèmes et de trouver les moyens de fédérer toute une équipe autour d’un projet. Ces moyens correspondent à une constellation d’éléments destinés à huiler la machine. On en retiendra quelques-uns.

ne plus dire «je n’ai pas le temps»
C’est un défaut largement partagé. Très souvent, nous perdons des heures sur des détails pour nous retrouver, en fin de journée, ou à la veille du bouclage d’un dossier important, à faire une course contre la montre.
Très souvent également, un de nos collaborateurs est bloqué, dans l’attente d’une décision qui tarde à venir. Pour cela, rien de mieux que de sérier les problèmes et d’établir des priorités.
Rappelez-vous, il ne faut pas penser «temps» mais «direction». En d’autres termes, ce n’est pas l’heure qui guide votre action mais l’urgent et l’important.

déléguer
Pour ce faire, ce DRH d’une multinationale dit être décidé à lutter contre les réunions inutiles et envisage sérieusement de mieux déléguer certaines tâches administratives. Idem pour Aziz Belhaj, chef de projet dans une société de services, qui réalise qu’il n’est plus possible de tout centraliser. Mais la délégation ne va pas sans règles, ni sans garde-fous. Primo, il est important de définir avec précision ce que l’on veut déléguer, et à qui. Secundo, il convient, de la même manière, de prévoir une marge de manoeuvre pour celui qui va «assurer» à votre place. Enfin, tertio, il faut que la délégation soit évolutive. Rien ne sert de se retrouver, deux ans après, avec un collaborateur qui assume toujours les mêmes responsabilités, ce qui revient tout bonnement à créer un poste en plus.

être plus proche de son équipe
Manager ce n’est pas seulement faire en sorte que les objectifs de l’entreprise soient atteints. Manager, c’est aussi encadrer ses collaborateurs et partager leurs peines. On ne le dit pas assez : c’est dans la proximité que naît la complicité. Salim E.H., directeur opérationnel d’une équipe de 20 personnes, en est conscient. Un de ses meilleurs collaborateurs aujourd’hui a failli être licencié il y a deux ans pour rendement insuffisant. Plutôt que d’un manque de compétence, il s’agissait d’un défaut de communication.
Adil Fadili, lui, affirme que le simple fait de passer quelques minutes chaque semaine avec l’ensemble de l’équipe permet de désamorcer les petites crises à venir. De manière globale, la proximité permet d’être informé sur les tensions entre membres de l’équipe et de mettre en place un vivier d’idées. Rappelez-vous, une personne timorée devant son supérieur peut révéler des talents cachés lors d’une discussion de groupe. Enfin, n’oubliez pas que le meilleur moyen de vendre son idée est de s’arranger pour que l’équipe se l’approprie.

projeter son entreprise dans le futur
Dans un environnement changeant, le meilleur moyen de se prémunir contre les mauvaises surprises est d’anticiper, en mettant en place une organisation ou un dispositif interne ou communautarisé. Pour Ali Zarhali, DG de MCRM Consulting, l’avenir de la PME est dans le «réseautage» en vue d’exploiter les synergies, pour aller à la conquête de nouveaux marchés. Se projeter dans le futur suppose que l’on arrive à se détacher du présent. Deux conseils précieux : s’accorder des moments de réflexion et prendre le temps de rencontrer ses concurrents pour suivre son marché. Ensuite, formaliser la démarche de développement : on peut prévoir, tout au long de l’année, des séances de brainstorming, de préférence un jour férié, pour discuter à bâtons rompus des orientations futures. Poussez le formalisme jusqu’à consigner dans des PV les idées évoquées, les décisions prises et les responsables du suivi de tel ou tel projet. L’avenir s’organise aussi.

se mettre aux nouvelles technologies
Bien des cadres s’en tiennent au strict minimum quand il s’agit d’outils informatiques alors qu’ils sont désormais nécessaires, même dans la vie de tous les jours. M.B., patron d’une petite unité de textile, en fait sa priorité. Meriem S., responsable du contrôle de gestion dans une entreprise de textile n’imagine plus vivre sans les «Excel» et «Access» qui lui permettent de dégager en un tournemain les indicateurs nécessaires. L’outil informatique et le multimédia ne sont plus un luxe. Pensez à installer un intranet pour la commodité de communication et connectez-vous à internet pour le gain de temps. Maîtrisez les logiciels qu’utilisent vos collaborateurs, vous serez en meilleure position pour exiger une information plus pointue.

se former
C’est indispensable pour franchir un nouveau palier parce que les connaissances académiques sont très vite dépassées. Tout bouge autour de nous, il est donc important de se tenir au courant et de maîtriser les nouvelles techniques. Mais ce n’est pas tout. Avec l’ouverture du monde des affaires, le fait de ne maîtriser qu’une seule langue devient vite un handicap. Si l’entreprise ne le fait pas pour vous, autant vous prendre en main. C’est ainsi que Marouane Bentalha, responsable marketing dans une société de technologies de l’information, compte retourner dans un cabinet pour parfaire son anglais et son espagnol, sans bien sûr oublier sa discipline de base.

faire attention à sa santé
Comment travailler et être performant si la condition physique ne suit pas ? Pourquoi pas un petit check-up pour faire le point ou, comme S.M., chef d’agence chez un opérateur de télécommunications, mieux gérer son alimentation ? Nous sommes nombreux à manger sur le pouce et quand la panne arrive, c’est toujours au mauvais moment.

pratiquer un sport
Un an de plus, et l’on n’a toujours pas le temps. Marouane Bentalha ne veut pas être pris au dépourvu. D’où l’idée de reprendre une activité sportive. Faites de même. Si vous trouvez le temps d’aller au café samedi matin, pourquoi négliger votre santé ?

accorder plus d’attention à sa vie privée
A cause d’un rythme souvent soutenu, nombre de cadres voient très peu leurs proches. Cela peut être source de dissensions dans un ménage. Pour cette année Ahmed B. est décidé à prendre un peu plus de vacances pour être auprès des siens. Quant à Mohamed Arif, informaticien, il envisage, ni plus ni moins, que de mettre un terme à sa vie de célibataire. A 35 ans, il compte bien y parvenir. Tous nos vœux l’accompagnent. Mais pour lui, comme pour tous les autres, il ne sert à rien de prendre de bonnes résolutions si l’on n’est pas décidé à franchir le pas.

En regardant dans le rétroviseur, on se rend compte qu’il y a mille et une choses que l’on peut facilement faire pour que «ça se passe mieux». Alors, prenez vos stylos et listez-les !