Entretien d’embauche, la préparation est indispensable

Gardez votre sang-froid, un recruteur ne cherche pas systématiquement à
vous déstabiliser.
Un entretien, c’est comme une vente, il faut préparer un argumentaire.

D’abord, une précision : contrairement à certaines idées reçues, aller en entretien d’embauche, ce n’est pas aller au bûcher. La perception que l’on a généralement de l’entretien d’embauche, assimilant ce dernier, qui est d’abord un acte de communication, à on ne sait quel examen ou terrain miné où l’on va essayer de déstabiliser le candidat, le piéger, le désarçonner… est à nuancer. Et si on se posait une simple question de bon sens ? Quel intérêt aurait un recruteur à bloquer le candidat à l’embauche ? Sachant que son objectif premier, ne le perdons pas de vue, est de trouver, dans un délai déterminé, le candidat présentant la meilleure adéquation poste/profil.
Si cela peut vous rassurer, le recruteur peut être aussi mal à l’aise que le candidat. Il a également ses enjeux, sa masse de recrutements à effectuer dans tel délai, les erreurs de recrutement qui coûtent cher et qu’il lui faut assumer. Contrairement aux apparences, il n’a pas toujours le beau rôle.

Les professionnels du recrutement (nous avons bien dit «professionnels» ) pensent l’entretien en termes de dialogue et d’échanges. L’entretien leur permet en effet de vérifier si le candidat possède les compétences requises pour le poste à pourvoir, son degré de motivation pour le poste, sa capacité à s’adapter à la culture d’entreprise, de négocier les conditions du contrat (horaires, salaire, statut…). C’est bien donc de communication qu’il s’agit. Un candidat crispé, qui «braque», ne communiquera pas au recruteur les informations qui lui permettront d’évaluer la candidature. Autant dire qu’il aura raté son entretien !
On le remarque d’ailleurs à la manière des recruteurs d’accueillir les candidats. Ils iront les chercher dans la salle d’accueil, tout sourire, les saluant chaleureusement… Avec un peu de chance, ils leur offriront un café. Seulement, mettre à l’aise un candidat ne veut pas dire laxisme ou gentillesse. Le bon entretien est la rencontre de deux professionnels. Le candidat ne cherche pas n’importe quel emploi. Il cherche UN emploi donné, parce qu’il estime avoir les compétences requises pour cet emploi, il cherche à mener des missions bien précises, à assumer des responsabilités bien déterminées. Il s’agit en somme de s’inscrire dans un projet professionnel clairement établi.

Un jeune, diplôme de technicien spécialisé en poche, attend un boulot au coin d’une ruelle de son quartier. Ne voyant rien venir, il fait appel à certains de ses amis qui le présentent à un jeune ingénieur frais émoulu de Centrale Paris, sympathique et serviable.
Morceau choisi.
A la question : quel emploi souhaitez-vous exercer ? Le candidat répond : «N’importe lequel, l’essentiel est de travailler». Réaction du recruteur : «N’importe quel emploi, dites-vous ? Tenez, j’ai un poste de balayeur à vous offrir, seriez-vous partant ?»

Se présenter à l’entretien d’embauche sans préparation préalable est quasiment suicidaire. Il n’y a pas de place pour l’improvisation, ou si peu. Assurance, confiance en soi et cohérence des propos sont le résultat d’une préparation minutieuse de l’entretien d’embauche. A méditer: « Plus je m’entraîne et plus j’ai de chances de réussir. Le candidat a tout intérêt à anticiper certaines questions (voir encadré sur les questions récurrentes).
Il s’agit de préparer un argumentaire de vente, de trouver les arguments qui peuvent valoriser une candidature. Ainsi, les réalisations les plus significatives (projets, missions, gain de productivité, lancement réussi de produits…), les compétences acquises doivent être passées en revue par le candidat et analysés avant l’entretien.

Mieux vaut avancer en terrain connu. S’informer sur l’entreprise, ce n’est pas forcément connaître le moindre détail de ses rouages (il n’est pas question de préparer une fusion/acquisition), c’est disposer d’informations d’ordre général : chiffre d’affaires, gamme de produits, produits phare, secteur, position sur le marché, nombre de salariés, culture d’entreprise, mode de management… Une source d’information incontournable: le site internet de l’entreprise ! Le candidat peut également faire appel à son réseau relationnel. Vous avez certainement dans votre entourage un cousin qui a un copain qui a une amie travaillant dans l’entreprise ciblée. Il pourra vous renseigner sur l’entreprise offrant une opportunité d’embauche, sur le recruteur, sa personnalité, ses éventuelles phobies, son mode de management….