Egalité des chances : Trois questions à Hamid Ben Elafdil, Président de la Fondation marocaine de l’étudiant

«Nous militons pour que tous les jeunes puissent accéder à une meilleure éducation et à un travail décent».

La Vie éco : Un peu partout dans le monde, la Journée mondiale de l’égalité des chances a été célébrée, est-ce aujourd’hui une réalité ?
C’est un sujet dont on ne parlait pas souvent, mais, aujourd’hui, les barrières sont tombées. Comme partout dans le monde, les dirigeants des entreprises locales se sont rendu compte que les discriminations, sous quelque forme qu’elles soient, constituent un obstacle à la progression de l’entreprise, à la progression d’un pays…
Au Maroc comme dans beaucoup de pays, on assiste à une prise de conscience de l’importance de lutter contre toute forme de discrimination. Ceci apparaît à travers les discours du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) ou le Conseil économique et social (CES) ou dans les milieux des chercheurs et professionnels véhiculant des messages promouvant responsabilité sociale, équité, mixité Femme/Homme, égalité des chances …
A cet effet, la Journée mondiale de l’égalité des chances a pour but de rendre possible une mobilisation citoyenne en faveur de tous les jeunes.
C’est une cause mondiale dont la Fondation marocaine de l’étudiant a fait sa raison d’être et nous militons pour que tous les jeunes puissent accéder à une meilleure éducation, à un travail décent…
Malheureusement, très souvent, l’obtention d’un diplôme, élément déterminant pour accéder à un emploi, ne donne pas les mêmes atouts à chacun. Les jeunes issus des milieux modestes sont peu représentés dans les formations les plus cotées, même s’ils en ont le potentiel.
C’est pourquoi nous voulons lutter contre ces préjugés.

Vous avez été reconnue comme association d’utilité publique il y a 5 ans après avoir exercé depuis 2001, est-ce une reconnaissance aujourd’hui ?
Nous pouvons être fiers de nos réalisations. A ce jour, nous comptons près de 1 700 boursiers accompagnés par la fondation, et près de 700 bénéficiaires ont été lauréats.
Nous comptons beaucoup d’ingénieurs, de financiers, de notaires, et, récemment, nous comptons le premier médecin qui est issu de notre fondation.
A noter que nous avions un challenge au départ. C’est d’attirer davantage de filles. Aujourd’hui, elles représentent près de 60% des bénéficiaires alors qu’elles représentaient près de 30% en 2010.
De même que depuis 4 ans, nous intégrons les jeunes souffrant d’un handicap.
Les services de la fondation ne se limitent pas uniquement à l’octroi de bourses mais aussi à offrir des actions de mentoring, des stages ou des visites au sein des entreprises…
Nous avons également des donateurs particuliers qui effectuent régulièrement ou systématiquement des dons à travers des virements bancaires.

Les entreprises représentent malheureusement un milieu où sévit encore beaucoup de discriminations, pensez-vous qu’elles sont de plus en plus sensibles à cette question d’égalité des chances ?
Elles s’impliquent de plus en plus, mais pas suffisamment. Nous comptons parmi nos partenaires un bon nombre d’entreprises de différentes tailles et de nationalités qui ont une vision et une stratégie concernant leur politique de diversité. Que ce soit à travers le mécénat de compétences ou de dons, elles cherchent à mieux cibler leurs investissements sociaux, que ce soit à travers le domaine de l’éducation ou de l’employabilité.
Il faut savoir que chaque jeune garçon ou fille inséré dans le monde du travail arrive à sortir sa famille de la pauvreté. C’est un investissement à long terme qui donne nécessairement des fruits pour le pays.

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