De mon usine j’ai l’impression d’être invisible pour les gens du siège

Je travaille dans une entreprise de taille moyenne. Nous sommes répartis entre la production et les bureaux de «back office». Moi, je suis dans les locaux de production qui sont sur le même terrain que les bureaux, mais pas le même immeuble. Je gère les équipes, et fait mon maximum pour répondre aux besoins de qualité et de budget. Mais je vois bien que «nous ne comptons pas à leurs yeux». Je voudrais être moins invisible, même si je n’ai pas de temps à perdre en réunions «pour briller».

La problématique que vous soulevez est un des principaux enjeux des RH aujourd’hui : s’assurer que chaque personne au sein d’une entreprise se sente EXISTER, VALORISER et comprendre la valeur ajoutée réelle qu’elle apporte à son niveau et ainsi développer un véritable esprit d’équipe VISIBLE !

Perte de temps vraiment ?

Imaginez que vos collègues du back office comprennent combien votre métier est beau, complexe, riche en enseignement et en valeur ajoutée ? Pensez-vous que vos doléances seraient plus écoutées ? Que l’on prendrait plus en compte vos remarques? Certainement. En tant que manager vous avez certes la responsabilité de respecter les quantités, qualité de votre production, mais pas que !

Vous devez aussi faire en sorte que votre métier, vos équipes et le travail qu’elles réalisent soit mieux compris et donc moins INVISIBLE et pour cela il faut les faire CONNAÎTRE. Alors oui, cela vous prendra du temps mais pas autant que celui que vous dépensez à convaincre ou encore que les retards enregistrés, car vous n’avez pas réussi à obtenir le budget pour cette nouvelle machine. Alors, en plus de votre casquette de producteur, si vous essayiez celle du marketeur de votre métier ?

Faites leur aimer votre métier

Et le leur faire respecter aussi ! En réalité, on ne peut ni aimer, ni respecter et encore moins évaluer/quantifier l’importance d’une fonction quand on ne la connaît pas vraiment.

Il est connu que les relations «Usines/Siège» peuvent être conflictuelles. Les gens du siège ne comprenant rien à la vie de l’usine et se contentant d’être au bureau vers 9h30 pour dérouler des slides inutiles, alors que les gens de l’usine, eux, travaillent dès tôt le matin et ne voient pas l’intérêt de ceux que réalisent les gens des bureaux. Tout cela vient notamment de notre biais cognitif qui a tendance à stéréotyper d’entrée de jeu certaines personnes/situations mais surtout à un manque évident de curiosité !

Aussi, comblez ce manque en multipliant les «ponts» entre les deux entités. Invitez vos collègues du siège à venir vous visiter. A découvrir le processus de fabrication, d’hygiène et sécurité, de supply chain, mais aussi et surtout à rencontrer les hommes et les femmes qui y travaillent et qui sont loin d ‘être seulement des postes budgétaires sur un tableau Excel !

En créant des liens, non seulement entre vous et eux, mais entre vos équipes et les leurs, vous verrez que votre voix sera reçue bien plus favorablement et surtout écoutée. Personnifier les relations, remettre l’individu au centre du lien en se détachant (pour un temps) des procédures qui formalisent tout et justement «invisibilisent» l’humain, vous permettra de créer un nouveau mode de communication et un esprit d’équipe unique et non à renvoyer dos à dos l’équipe de l’usine et celle du siège.

L’esprit d’équipe n’est pas quelque chose qui se décide. C’est un long processus par lequel certains individus se reconnaissent ensemble dans une certaine idée qu’ils se font de leur mission, mettant ainsi en communion leurs efforts et reconnaissant ceux de chacun à leur juste valeur.

Faites entendre votre voix
en écoutant !

Une fois votre plan d’action «marketing» lancé, vous ne devrez pas vous arrêter là. Il faudra vous faire entendre et le faire de la bonne manière. Comment ?

En écoutant d’abord ! Et oui, le premier «talent» d’un bon orateur est celui de l’écoute ! Car en écoutant l’autre, nous arrivons à mieux le comprendre, à détecter ses enjeux majeurs, mais aussi ses leviers décisionnels. Ainsi, en comprenant réellement les problématiques du Directeur commercial ou financier, vous sauriez trouver l’argumentation «qui fera mouche», parce que vous leur aurez démontré avant tout que vous les avez compris ! Commencez votre prochaine intervention en citant justement LEURS problématiques et faites le lien avec ce que vous attendez d’eux,

Laissons le dernier mot à celui que l’on considère comme l’un des plus grands scientifiques de tous les temps, Isaac Newton : «Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts»

A vous de jouer !