Comment favoriser la créativité de vos collaborateurs

L’innovation est le seul et véritable moteur de la croissance ; l’entreprise a besoin d’esprits créatifs pour l’entretenir.
Il n’y a pas de petites idées et tout le monde est potentiellement créatif.
L’environnement doit cependant être stimulant pour que les idées puissent éclore.

Dans l’entreprise, l’innovation est très certainement le seul véritable moteur de croissance. Elle doit donc s’inscrire dans la stratégie générale, à tous les niveaux hiérarchiques. Mais ce n’est pas une sinécure que d’organiser et développer une production efficace et continue d’innovation et de créativité quand il existe dans l’entreprise des personnalités et des personnes très différentes. C’est pourtant l’une des principales missions d’un manager. Bien évidemment, il n’existe pas de démarche standard, mais plutôt des pratiques, comportements et idées qui permettent de susciter chez les collaborateurs l’esprit d’initiative, la participation et, bien au-delà, cette capacité à sortir des sentiers battus pour résoudre un problème ponctuel ou, mieux, trouver une solution (nouveau produit, nouveau process…) donnant la possibilité à l’organisation de franchir un nouveau palier.
C’est donc pour mettre en lumière cet ensemble de points (pratiques, comportements, idées) synthétisés sous le thème du «management créatif» que La Vie éco, Manpower et Deo Compétences ont réuni des cadres et dirigeants d’entreprises, lors de la rencontre mensuelle qu’ils organisent.

La satisfaction du client, seule finalité de la créativité
Dès le départ, les intervenants sont tous d’avis qu’il existe un talent caché chez chacun de nous ou, pour reprendre les propos de Zakaria Rbii, DRH de Kraft Foods, «tout le monde est potentiellement créatif». En somme, la créativité n’est pas réservée à une élite – managers, gourous, experts. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes tous au même niveau. Certaines personnes sont créatives sur tous les terrains, tandis que d’autres se limitent à un domaine. Certains sont créatifs à petite échelle, d’autres à grande échelle. Il est important de le savoir. Il n’en demeure pas moins qu’il n’y a pas de petite idée : tout est utile pourvu que l’entreprise puisse en tirer profit pour progresser.
De manière plus directe, Mohammed Yousfi, Dg de la Marocaine de Management (conseil en qualité), souligne que «la créativité a pour finalité la satisfaction du client». Dans le même sens, Mustapha Sekkat, chef du département gestion des cadres à Lafarge Maroc, souligne que même un sourire permettant de briser la glace face à un client mécontent doit être considéré comme de la créativité. Cette illustration peut être parfaitement acceptée sachant que la capacité à désamorcer une crise n’est pas donnée à tout le monde..
Quoi qu’il en soit, c’est au manager de tirer le meilleur de chacun, du moins de créer les conditions de maturation ou d’émergence d’un esprit créatif. Il ne pourra donc rien obtenir de ses collaborateurs s’il s’enferme dans sa tour d’ivoire. D’ailleurs, ce profil de dirigeant est désormais cloué au pilori. C’est ainsi que les termes comme hiérarchie, commandement, autorité disparaissent progressivement des manuels de management. On parle maintenant d’écoute, d’empathie, d’assertivité et de charisme. Bref, «l’environnement est essentiel pour le développement de la créativité», note Ali Zarhali, directeur associé MCRM consulting. Il faut aussi «former et faire preuve de reconnaissance envers les méritants», ajoute-t-il. Tous ces facteurs constituent un ferment pour l’esprit d’appartenance qui, selon Mohamed Benboubker, Dg de freelance.com, incite le salarié à réfléchir sur ce qui fait avancer l’entreprise. En un mot, le talent créatif reste caché lorsque l’environnement n’offre pas de stimulant permettant d’exprimer une idée. Toutefois, l’environnement ne se limite pas aux qualités humaines du manager qui, lui-même, dépend d’une organisation qui impose ses grandes orientations.

Les technologies de l’information comme support à la gestion des connaissances
A ce titre, Zakaria Rbii souligne qu’il faut d’abord une stratégie claire pour gérer la créativité. Il estime ensuite que le mot créativité doit être inscrit dans les missions, les valeurs et la vision de l’entreprise. En outre, il faut un référentiel des compétences pour savoir ce que l’on attend des gens. Quatrième dispositif mis en exergue par le DRH de Kraft Foods : la mise en place d’outils de gestion des idées. Ceci n’est rien d’autre qu’un système de management de la connaissance ou knowledge management, défini comme l’ensemble des techniques permettant de stocker, organiser et fournir des connaissances aux membres de l’organisation, en particulier les savoirs créés par l’entreprise elle-même (recherche et développement) ou acquis de l’extérieur dans le cadre de la veille économique.
Les technologies de l’information offrent d’immenses possibilités dans ce domaine.

Un excès de formalisme étouffe les initiatives
Reste que le cadre normal d’une organisation est peu propice à la créativité, car elle a besoin de stabilité, de continuité pour exercer son activité. C’est peut-être cette préoccupation qui a amené Mohammed Yousfi à souligner que «l’entreprise a aussi bien besoin de créatifs que d’exécutants». Vue de manière très restrictive, cela signifie qu’il y a ceux qui pensent et ceux qui n’ont d’avis sur rien. Du coup, cette distinction qui, visiblement, a trait à la gestion de la créativité, n’est pas du goût des autres participants, notamment Ali Zarhali qui soutient que la «créativité est l’affaire de tous». Pour préciser sa position, le Dg de la Marocaine de Management qui, comme tout qualiticien, a les yeux rivés sur les process, a mis en exergue le schéma de concrétisation d’une idée, précisant au passage qu’il ne peut pas y avoir de restriction en matière de suggestions. A son avis, tout changement doit être inscrit dans un cadre bien déterminé. Plus précisément, il faut d’abord partager l’idée (discuter de sa pertinence, des enjeux et des risques), la formaliser pour qu’elle puisse être insérée dans un process, former ceux qui doivent la mettre en œuvre, leur donner les moyens, suivre son application et corriger en cas de besoin. Cette recherche permanente de la perfection est à la base même du progrès. Mais il convient quand même de préciser que trop de formalisme étouffe les initiatives

D’abord partager l’idée, discuter de sa pertinence, des enjeux et des risques, puis la formaliser pour qu’elle puisse être insérée dans un process, ensuite former ceux qui doivent la mettre en œuvre, leur donner les moyens, suivre son application et enfin corriger en cas de besoin. Cette recherche permanente de la perfection est à la base même du progrès.

La créativité, les participants en ont tous convenu, n’est pas réservée à une élite. Mais si certaines personnes sont créatives sur tous les terrains ou à grande échelle, d’autres se limitent à un seul domaine ou le sont à petite échelle.