Chacun son «truc» pour quitter le boss sans rancune

Mohamed Ennaji, responsable ressources humaines
«Tous les dossiers doivent être bouclés. Cela met
en évidence votre professionnalisme»
«Un dossier mal ficelé donne forcément une mauvaise impression. Avant de quitter mon poste, je passe en revue tous les dossiers en cours. Paie, avances sur salaires, congés, mutuelle et assurance, comptabilité… tout y passe. Il faut désamorcer toutes les petites irrégularités pour se donner une légitimité. En plus, votre successeur n’aura pas à discréditer votre travail. Il n’en reste pas moins que la période de préavis est souvent un moyen pour l’employeur de vous retenir le plus tard possible. Pour cette raison, mieux vaut ne pas s’engager à commencer immédiatement dans le nouvel emploi. Mieux vaut attendre d’avoir trouvé un successeur dans le précédent. J’essaye donc toujours d’identifier un candidat et je le teste sur le suivi des dossiers. Bien évidemment, je loue ses mérites auprès de la direction. Le patron finit toujours par céder.»

Karim R., commercial
«Je préfère garder ma démission secrète pour éviter les suspicions»
«Je prends toujours le soin de garder ma démission confidentielle. Je n’aime pas que cela s’ébruite. J’ai vécu une mauvaise expérience dans ce sens. La nouvelle de mon départ a précédé l’annonce que j’avais prévu de faire. Les mauvaises langues ont fait circuler une rumeur selon laquelle je passais chez un de nos concurrents. Il n’en était rien ! Du coup, j’ai eu droit au coup de gueule du patron. Comme c’est une veille connaissance, je l’ai rassuré sur le champ.
De même, nous étions en pleine phase d’expansion, je ne pouvais pas démissionner au moment le plus «chaud». J’ai donc attendu que les choses se tassent. Ensuite, j’ai préféré l’annoncer de vive voix à mon patron, et en tête-à-tête. Je lui ai expliqué tout simplement que je voulais me mettre à mon compte. Il a apprécié ma franchise et nous avons pu préserver nos bons rapports par la suite.»

Ali B., cadre bancaire
«Par honnêteté professionnelle, j’assure le même rendement jusqu’à la fin de mon préavis»
«Quitter une entreprise pour une autre est toujours un pas important dans un parcours. Mais claquer la porte peut nuire à votre réputation. On peut toujours être amené à travailler avec d’anciens collègues ou patrons, alors, autant laisser sa place «propre», comme on dit.
C’est en effet grâce aux différentes rencontres que l’on fait durant sa vie professionnelle que l’on renforce son réseau d’affaires. Je préfère conserver mes anciens collègues comme partenaires. Par honnêteté professionnelle, je préfère également garder le même rendement jusqu’à la fin de mon préavis. C’est important pour soigner son image. Je prends soin de finaliser les dossiers les plus sensibles. J’agis même en amont pour trouver un successeur au sein de mon équipe avant d’annoncer la nouvelle à la hiérarchie. J’associe mon successeur virtuel au traitement des dossiers pour lui préparer le terrain. Autre élément important : j’avise toujours mes partenaires externes de mon départ, de manière à maintenir la relation.»