Banque, tourisme, BTP, TICÂ…, les secteurs qui recrutent

L‘année 2008 va se terminer sur un rythme identique ou plus soutenu que 2007, considérée satisfaisante par les cabinets de recrutement.
Des entreprises qui ne se sentent pas menacées par la crise internationale maintiennent leur programme de recrutement.

Crise ? quelle crise ? Les spécialistes du marché de l’emploi se veulent rassurants, du moins pour le moment. En tout cas, l’année 2008 devrait se terminer sur un rythme identique ou plus soutenu que 2007, qui a été très satisfaisante, surtout pour les cabinets de recrutement.

D’après les statistiques duHaut commissariat au plan (HCP), on enregistre une augmentation notable dans le secteur des services, avec 152000 emplois créés entre le 2e trimestre 2007 et le 2e trimestre 2008, soit une hausse de 4,2%.

Une évolution confirmée par la plupart des cabinets de conseil en ressources humaines et les chargés de recrutement des grandes entreprises.
Certes, il y a eu un petit creux, engendré par les vacances et le Ramadan, mais, selon Essaïd Bellal PDG du cabinet Diorh, la cadence va s’accélérer durant le reste de l’année. L’essentiel des secteurs offre des emplois à tous les niveaux.

Si l’on se fonde sur les impressions et analyses recueillies, les services (technologies de l’information et de la communication, banques, tourisme, hôtellerie) sont de loin les plus dynamiques, à côté des BTP qui, depuis quelques années, tiennent le rythme, les signes d’essoufflement qui se font sentir dans la production de logements.

Dans les BTP, on déplore un déficit énorme de ressources humaines (ouvriers qualifiés, techniciens, chefs de chantier, grutiers…) mais pas seulement. Les middle et top managements font également défaut. Cela s’explique par le fait que certaines entreprises sont devenues de grands groupes qui recherchent autant des techniciens que des compétences en finance etmême en marketing et communication.

Dans le domaine desTIC, l’offshoring offre de belles perspectives d’emploi. Les compétences se sont raréfiées et certains opérateurs doutent de la capacité du programme des 10 000 ingénieurs à générer des ressources humaines réellement compétentes.Pour une des activités les plus basiques du secteur, comme les call centers, certaines entreprises ont fini par se rabattre sur les étudiants étrangers francophones pour combler le vide.

Un DRH d’une entreprise confie, agacé, que ce qu’il lui faut, ce sont juste des «personnes dotées de connaissances minimales en informatique, mais qui parlent correctement français». Dans les services, les banques contribuent fortement à la dynamisation du marché.

Tous les établissements opèrent 250 à 400 recrutements par an, voire plus «La chute des taux d’intérêt qui a entraîné l’explosion du secteur immobilier ainsi que la course effrénée des ouvertures d’agences y sont pour quelque chose», explique Chantal Aounil.

Rajeunissement des effectifs dans les banques

 Plus déterminant est le besoin de rajeunir les effectifs ou de remédier aux départs à la retraite dans des établissements comme la BCP et BMCE Bank où la moyenne d’âge est parmi la plus élevée du secteur.
Selon un recruteur, le débauchage dû à un déficit de cadres aguerris ne sera bientôt plus d’actualité ou sera très résiduel parce que de jeunesMarocains qui faisaient, jusque-là, carrière dans des banques d’affaires, à Londres ou aux Etats-Unis, sont désormais tentés de rentrer au bercail du fait de la crise.
Cependant, leurs prétentions salariales dépassent très souvent le plafond des grilles des banques locales.
En revanche, dans le secteur financier, les assurances sont moins dynamiques. Selon les spécialistes, la plupart des entreprises y sont plutôt dans une logique de réorganisation.

C’est le cas aussi pour les télécoms dont les campagnes de recrutementmassives se sont nettement ralenties ces derniers temps.

Enfin, le secteur du tourisme continue d’animer lemarché, même si les entreprises optent davantage pour le débauchage que pour le recrutement de jeunes qu’elles s’emploieront à former. Du coup, seuls les profils expérimentés ou opérationnels tirent leur épingle du jeu. Par conséquent, on assiste à une surenchère des salaires, un phénomène qui touche d’ailleurs les autres secteurs.