Autonomie, sens critique, implication…les qualités qu’ils recherchent

Mohamed Benboubker
DG de Freelance.com
«L’identification à l’entreprise est primordiale»
« J’estime qu’un bon collaborateur est celui qui se bat pour l’entreprise comme si c’était la sienne. Il doit avoir le sens du partage et le sens des responsabilités. C’est quelqu’un qui se remet tout le temps en question, se fixe lui-même ses propres objectifs sans qu’on lui en assigne et qui aide les autres sans contrepartie. En tant que manager, je dois veiller à la bonne relation entre mes collaborateurs. Pas de barrières entre nous. Mon bureau leur est toujours ouvert.
Bien évidemment, je reste exigeant sur le respect des engagements envers les clients, fournisseurs et tout ce qui touche le monde extérieur parce que c’est important pour l’image de l’entreprise. Sinon, en interne, l’ambiance reste cool. Il m’arrive d’aider mes collaborateurs à finir leur travail quand ces derniers connaissent quelques soucis personnels, c’est dire que l’esprit d’équipe est aussi important dans la vie d’une entreprise.
Même si des qualités comme le sérieux, la rigueur et l’honnêteté sont primordiales chez un collaborateur, il faut dire que la confiance ne peut s’établir rapidement.»

Salim A.
Directeur exécutif dans une société de services
« C’est un complice qui partage la même vision. C’est aussi un garde-fou»
«Un bon collaborateur doit, bien sûr, être techiquement outillé. Mais le plus difficile n’est pas là. Il ou elle doit d’abord, et avant tout, être à même de comprendre, presque à demi-mot, les décisions ou suggestions que je fais. En un mot, il doit être sur la même longueur d’onde. Autre point important, il ne doit pas trahir la confiance placée en lui. C’est humain. Dans chaque relation de travail impliquant un tandem, des informations, parfois sans rapport avec la mission inhérente à chacun, sont échangées. Il ne s’agit pas d’aller les disséminer dans l’entreprise. Troisième qualité, un bon collaborateur doit être apte à prendre des initiatives sans me consulter à tout bout de champ, et même prendre en charge des tâches qui m’incombent quand je suis débordé. Enfin, il doit être un garde-fou, qui ose me faire des remarques quand il le faut.»

Lucien Leuwenkroon
Administrateur de Top Class Espresso (Cafés Lavazza)
«On a les collaborateurs qu’on mérite»
«Avoir un bon collaborateur, c’est d’abord être un bon patron. Vous ne pouvez pas exiger de votre collaborateur qu’il ait les mêmes motivations que vous si vous ne le récompensez pas de la bonne manière. Pour moi, un bon collaborateur, ça n’existe pas sur le marché de l’emploi. Chaque entreprise doit en revanche modéliser ses propres ressources humaines. Il faut savoir bien coacher et encadrer les personnes. Pour ma part, je n’attends pas que les autres fassent plus que moi-même. Ils doivent être capables de se fixer eux-mêmes leurs objectifs et de faire leur propre autocritique quand il le faut. De même, je ne suis pas plus exigeant avec eux qu’avec moi-même. Les règles sont clairement affichées : une bonne présentation, aisance relationnelle, respect des engagements…»

Mohammed El Yousfi
DG de La Marocaine de Management
« Il doit avoir de la personnalité»
«Un bon collaborateur doit avoir de la personnalité. Etre différent du manager, oui, mais pas en opposition. Il doit aussi s’investir autant que lui dans la gestion de l’entreprise. De par notre métier très spécifique, à savoir le conseil dans le domaine de la qualité et de la sécurité, j’estime qu’il est difficile de dénicher les bonnes personnes. Nous mettons deux à trois mois pour recruter la personne idoine. D’ailleurs, nous ne recourrons pratiquement jamais aux cabinets de recrutement car nous identifions nos besoins mieux que quiconque. Même si la formation initiale, l’aisance relationnelle sont importantes, un bon collaborateur doit aussi être capable de s’adapter à son environnement. Il nous est arrivé de connaître un cas de mauvais casting dû au fait que le candidat n’était pas chaud pour la mobilité géographique. Nous avons préféré le garder sur Casablanca parce qu’il était quand même compétent.»

Aziz Taib
Chef de département RH dans un établissement public
« Savoir-agir et réactivité, les deux qualités essentielles»
«Le savoir-agir et la réactivité sont les principales armes du bon collaborateur. En tant que responsable RH, nous avons des clients internes à satisfaire. Mes collaborateurs doivent être bien armés pour cela. J’essaie au maximum de les rendre plus indépendants dans leur travail. C’est pourquoi il faut retenir deux points essentiels dans le choix du bon collaborateur. Tout d’abord, au niveau de son recrutement. Les batteries de tests auxquels nous procédons auprès des candidats nous permettent de connaître plus ou moins les tendances. J’ajouterais même que les critères souvent répertoriés dans les démarches de recrutement ne sont pas suffisantes. Il faut aussi que ces critères correspondent au profil du manager et à sa manière de fonctionner.
L’autre point concerne l’encadrement et la formation du collaborateur. C’est aussi important que la motivation financière.»

Brahim Zriba
DG de Progress Partner
« La polyvalence est essentielle, surtout dans une PME»
«Dénicher le bon collaborateur est toujours difficile, surtout pour une PME. Car le patron attend toujours de lui qu’il soit polyvalent, qu’il ait des notions aussi bien en comptabilité que dans la vente ou les aspects techniques. C’est aussi une question de moyens car l’entreprise ne peut se payer des effectifs importants. Je ne suis pas très exigeant sur les qualités personnelles. En revanche, je veille sur la compétence et l’autonomie. D’ailleurs, ce dernier critère pose pas mal de problèmes aux managers. C’est pourquoi, je préfère prendre en charge personnellement les nouvelles recrues et les assister pendant leur période d’intégration. J’essaie de faire de mon mieux pour leur inculquer l’esprit de responsabilisation. Bien évidemment, on a des collaborateurs qui rentrent parfaitement dans le moule.»

Zahir Lamrani
DG de Best Intérim
« Un bon collaborateur doit être critique»
«En 30 ans d’expérience, j’ai toujours trouvé que les relations humaines constituaient le principal problème d’un manager. On s’en aperçoit au quotidien. Le fait de s’entourer de bons collaborateurs n’est jamais acquis. Pour moi, un bon collaborateur est celui qui pose le problème et qui propose des solutions. Une bonne collaboration est aussi une relation de confiance. De mon côté, j’essaie au maximum d’être à l’écoute de mes proches, même si ce n’est pas toujours évident vu le rythme de travail dans lequel on vit quotidiennement. Je pense qu’un manager a besoin d’être entouré par des personnes qui ont un point de vue divergent du sien et qui l’expriment en y mettant les formes. C’est pourquoi, j’invite mes collaborateurs à exprimer aussi souvent que possible leur point de vue, qu’il soit négatif ou positif. J’accepte les critiques à condition qu’elles restent constructives»