AUTOMOBILE : Les tendances de fond qui marquent le marché actuellement

L’achat est de plus en plus fait par nécessité. La voiture n’est plus considérée comme un bien d’investissement mais comme un moyen de transport.

Selon une étude citée par les responsables de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam), trois grandes tendances de fond caractérisent le marché automobile. En premier lieu, les Marocains s’équipent davantage par nécessité et non pour le luxe. Deuxièmement, on ne renouvelle pas aussi rapidement sa voiture qu’auparavant ; et enfin, la demande provient surtout des primo-accédants (des acheteurs de voiture pour la première fois). Ce dernier point voit la conjonction de trois facteurs en l’occurrence des prix en baisse, des ménages ayant un pouvoir d’achat dépassant une certaine limite et des formules de financement encourageantes.

Les clients plébiscitent les finitions intermédiaires et toutes options au détriment de l’entrée de gamme

Un autre constat est rapporté par une majorité de professionnels: le mode de consommation des ménages et des entreprises a beaucoup changé. Aujourd’hui, le véhicule retrouve sa vocation de base : un moyen de transport et non pas un investissement. Ce changement implique une nouvelle relation à «l’achat», qui devient plus libre et moins central, et par conséquent ne prend pas aussi de temps et de moyens qu’auparavant.

C’est l’une des tendances qui se détachent particulièrement sur ces premier mois de 2017 : la demande est orientée vers les finitions intermédiaires et supérieures. L’état détaillé des ventes de l’Aivam confirme le constat. On y énumère des dizaines de modèles intermédiaires et de sortie de gamme contre deux ou trois d’entrée de gamme. Autrement dit : environ 70% des ventes aujourd’hui portent sur des véhicules avec des niveaux d’équipements intermédiaires et complets (toutes options). Les acheteurs sont de plus en plus friands d’équipements embarqués dans leur voiture, et plus portés sur le confort et l’agrément de conduite. Généralement, le différentiel de prix entre ces finitions et le niveau intermédiaire va de 10 000 à 15 000 DH en moyenne chez les généralistes. Dans le premium, le premier niveau de finition, déjà assez fourni en équipements, étant donné le segment, est moins cher de 60 000 à 70 000 en moyenne que les modèles toutes options. «Le crédit est un levier qui aide les clients à opter de plus en plus pour les finitions supérieures. Le différentiel, à étaler sur la durée du crédit, ne les décourage plus», explique un directeur commercial. Cela dit, les concessionnaires y trouvent aussi leur compte. En effet, d’un point de vue rentabilité, la vente de produits d’appel ne les arrange pas, parce qu’ils dégagent très peu de marge en comparaison des finitions intermédiaires et de sortie de gamme.

La boîte automatique continue de percer

La boîte de vitesses manuelle perd du terrain en faveur de l’automatique. Cette constatation est rapportée par plusieurs concessionnaires. Pour eux, il s’agit d’une tendance de fond qui a marqué les deux dernières années et qui continue à marquer particulièrement les premiers mois de 2017. L’engouement pour l’automatique concerne aussi bien la clientèle masculine que féminine, toutes tranches d’âge confondues, sur l’ensemble des segments de voitures. D’après les spécialistes, deux raisons expliquent cette tendance. En premier lieu, l’automatique est prisé pour le confort de conduite qu’il garantit, en ville comme pour les longues distances. Avec la difficulté accrue de circuler en ville, il est en effet très désagréable d’embrayer et de débrayer indéfiniment. En dehors, l’automatique permet de parcourir des centaines de kilomètres sans aucune manipulation. Il est à cet égard bien plus efficace que les options de programmation de vitesse.

La deuxième raison consiste en le fait que la transmission automatique est devenue une partie intégrante du concept du luxe. De plus, ce qui encourage les acheteurs à choisir la transmission automatique est que le différentiel de prix n’est pas non plus aussi élevé qu’on le pense. En règle générale, il faudra débourser pour la BVA en moyenne 10 000 DH pour les petites voitures et 25 000 DH pour les berlines. Sur les dernières années, beaucoup de concessionnaires proposent la BVA sur le premier niveau de finition de nouveaux modèles sur le marché. Ce qui renseigne clairement sur le degré de pénétration de ce type de motorisation sachant qu’auparavant il était exclusif aux finitions haut de gamme.

La clientèle toujours prête à payer plus pour une marque de luxe

Globalement, le marché du premium a signé une croissance de 17% à fin avril. En dehors de l’amélioration de la conjoncture qui profite au marché dans sa globalité, le segment tire profit d’un réflexe qui s’impose de plus en plus chez les consommateurs. En effet, ces derniers préfèrent payer un peu plus et rouler à bord d’une voiture dont l’image de luxe est certaine au lieu de se contenter d’une marque généraliste. Cette explication est corroborée par les données du marché. A fin avril, alors que les ventes des généralistes, même ceux du top 5, sont en retrait, la majorité des opérateurs qui évoluent dans le premium ont réalisé des ventes en nette augmentation par rapport à la même période de 2016.