Automobile : les besoins de la sous-traitance estimés à 5,4 milliards de DH

L’objectif fixé par le ministère du commerce et de l’industrie est d’un million de voitures produites d’ici à 2020. A cet horizon, l’industrie automobile au Maroc devrait dépasser la barre des 10 milliards d’euros de courant d’affaires.

La sous-traitance automobile monte en cadence. La filière, qui a tenu récemment son 6e salon organisé par l’Association marocaine pour l’industrie et la construction automobile (Amica), veut faire de ses activités un levier de croissance durable pour l’ensemble de l’écosystème automobile. C’est d’ailleurs pour cela que l’édition de cette année a été placée sous le thème : «Sous-traitance automobile : un levier pour une croissance durable». Pour Rachid Machou, DG d’Antolin et vice-président de l’Amica, la filière, qui se trouve au centre de la dynamique du secteur automobile, a amorcé une montée en régime très remarquable qui devra se poursuivre avec la hausse des volumes de la production des industriels locomotives. «La capacité de production engagée dépasse actuellement 600 000 véhicules par an pour une production réelle qui se situe autour de 470 000 à 500 000 unités», informe le vice-président de l’Amica. Tajeddine Bennis, DG de Snop groupe FSD, rappelle que l’objectif fixé par le ministère du commerce et de l’industrie est d’un million de voitures produites d’ici à 2020. A cet horizon, l’industrie automobile au Maroc devrait dépasser la barre des 10 milliards d’euros de courant d’affaires. Ces prévisions tiennent compte de la dynamique de développement des écosystèmes créées après le lancement du Plan d’accélération industrielle 2014-20, porté par le ministère de l’industrie, du commerce et de l’économie numérique ; de la montée en puissance de l’usine Renault-Nissan de Tanger, du projet PSA au Maroc intégrant une usine carrosserie montage, une usine mécanique et un Centre d’études ainsi que de l’intérêt croissant de plusieurs constructeurs automobiles pour le sourcing local (PSA, Renault, Volkswagen, Ford …). Aussi, le projet d’extension du complexe portuaire de Tanger Med et de celui du port Kénitra-Atlantique devront-ils amplifier les volumes des opérateurs en facilitant les circuits logistiques. «Au-delà de la construction et de l’assemblage, nous voulons faire de plus en plus de métiers, et organiser le transfert de savoir-faire entre les industriels qui ont cumulé de l’expertise depuis des siècles et nous qui commençons à le faire depuis trois décennies», relève le DG d’Antolin.

Une chose est sûre, cette volumétrie de la production prévue générera à coup sûr des besoins additionnels pour la filière de la sous-traitance automobile. «Actuellement estimés à 500 millions d’euros, ils devraient atteindre plus d’un milliard en 2020», informe le vice-président de l’Amica, soit plus de 5,4 milliards de DH de plus. Dans le détail, les prestations logistiques généreront un besoin de 120 millions d’euros; la conception et réalisation de machines spéciales nécessitera 50 millions en plus ; les opérateurs de l’outillage (injection plastique et emboutissage,..) auront à combler une demande additionnelle de 50 millions d’euros. De plus, pour produire, la filière aura besoin de 90 millions d’euros de consommables de production divers et de maintenance et implantation de moyens industriels.

Par ailleurs, les emballages plastiques, métalliques et carton généreront un besoin estimé à plus de 40 millions d’euros. La moitié de ce montant sera sollicitée pour la protection individuelle des employés. Aussi, les travaux d’ingénierie et les prestations tertiaires diverses vont-ils générer un courant additionnel de 40 millions d’euros.

Enfin, les pièces de rechange, les dispositifs de contrôle et leur calibration représenteront plus de 25 millions d’euros de nouvelles affaires.
Dans ce contexte, «les échanges qui ont eu lieu lors du Salon vont aider à créer un bassin de sourcing au niveau local», estime Abdelaziz Meftah, DG de l’Amica. De son côté, le responsable de la commission Joint-ventures de l’Amica explique que ces différents besoins seront comblés en partie grâce aux affaires conclues lors du Salon qui a réuni les responsables achats des équipementiers, leaders mondiaux et grands donneurs d’ordre, et qui a donné lieu à d’importantes opportunités de business, selon les organisateurs.
A noter que plus de 300 industriels venus d’Italie, de France, du Portugal, de Grande-Bretagne et de Chine ont participé à la 6e édition du Salon de la sous-traitance.

Selon des études menées par les équipes techniques de l’Amica, les matières premières, composants et consommables représentent 50% du coût de production automobile pour un fournisseur donné. La transformation MO et celle des amortisseurs, énergie et maintenance pèsent 40% tandis que le transport et logistique coûte 10% aux opérateurs. Pour les responsables de l’Amica, cette structure de coût traduit clairement l’importance du développement de la sous-traitance qui touche à la fois l’approvisionnement en matières premières et composants, la transformation (amortisseurs et maintenance hors MO) et la logistique.