AUTOMOBILE : Le secteur est en pleine reconfiguration

Si les ventes sont globalement en forte croissance, les concessionnaires affichent des prestations mitigées. Le marché est en fait en mutation, notamment en termes de segments les plus prisés par la clientèle.

Si les ventes ont confirmé leur trajectoire ascendante empruntée il y a un peu plus de deux ans (51 000 unités vendues à fin avril, en hausse de 14,5%), il n’en demeure pas moins que plusieurs concessionnaires n’ont pas encore trouvé le chemin de la croissance en 2017. Il faut dire que le marché est en reconfiguration continue ce qui fait que des segments percent quand d’autres, moins plébiscités par la clientèle, reculent. Il en est exactement de même pour les modèles, finitions et motorisations. Focus sur la ventilation des ventes par opérateurs, segments, motorisations et villes.

Par marques

En gros, six marques portent actuellement le marché. En pole position (donnée habituelle du marché), Dacia qui a réalisé 5 408 ventes CBU, en hausse de 5,38% en plus de 6 495 immatriculations CKD, en augmentation de 47,4%. Sa consœur Renault a également performé sur les premiers mois de l’année. La marque au losange a vu ses ventes croître de 46%, à 4 795 unités. Idem pour Peugeot qui contribue aux ventes avec 2613 unités, en hausse de 8%. Volkswagen n’a pas démérité avec à la clé 2 387 immatriculations, en augmentation de 23%. Dans le giron de Scama depuis quelques mois, Nissan semble plus que jamais retrouver la forme. La marque nippone a réalisé 1736 ventes, en hausse de 36%. Avec 1564 immatriculations, Citroën continue de percer sur le marché avec des volumes en croissance de 15%.

En face, Ford qui tient la 3e position en parts de marché, a vu sa performance commerciale baisser de 4,5%, à 2 954 unités. Son concurrent direct, en l’occurrence Hyundai (4e du classement) n’est pas mieux loti. La marque de Global Engines a vu ses ventes décrocher de 15% (2 442 unités). Fiat a également été tenu en échec. L’italienne affiche des ventes en retrait de 12%, à 1 798 unités. Il faut noter que ces marques ont réalisé des volumes jugés exceptionnels sur toute l’année 2016 (avant et après le salon), ce qui justifie quelque part la baisse de régime traduisant davantage un retour à la normale, selon les professionnels.

Par segments

Selon l’état des statistiques générales de l’Aivam , le segment des citadines, mini-citadines et citadines Sedan continue de porter le marché. Ses ventes pèsent 42% du total. Très dynamique sur les dernières années, le ludospace perd légèrement du terrain (18% du marché) au profit du SUV. Les ventes de ce dernier ont totalisé environ 9 900 unités sur les quatre premiers mois de l’année, soit 20% de l’activité. Force est de constater que la tendance observée sur le segment du 4×4 et 4×2 se fait au détriment des ventes des compactes qui trébuchent depuis quelques mois déjà. Le volume écoulé des compactes tombe au dessous de 5400 unités, soit 10% à peine du marché. La clientèle migre vers le SUV en grande partie en raison des prix assez proches pratiqués sur les deux segments.

Par ailleurs, le segment de l’utilitaire consolide le réveil amorcé en début d’année. Les ventes, en net recul depuis quelques années, ont renoué avec la croissance depuis janvier pour s’établir à 3 286 unités à fin mars contre 2 446 un an auparavant, en hausse de 34%. Le VAN porte la croissance de ce segment largement plus que le fourgon et le minibus.

Par motorisations

D’une façon générale, le marché n’a pas trop changé de configuration sur le plan des motorisations vendues. Ainsi, à fin avril, plus de 95% du parc neuf roule au diesel. Cette constatation est nuancée lorsqu’on raisonne par segments. Pour les micro-citadines, l’on compte 1724 unités essence contre 102 diesel. Pour les citadines, l’on énumère 1265 véhicules essence contre 8093 diesel. S’agissant des compactes, le segment est quasiment dieselisé avec 5288 ventes diesel contre pas plus d’une quarantaine en essence. Ceci est plus valable pour le Monospace qui compte  2516 immatriculations diesel contre seulement 7 essence. Côté SUV, sur les 9800 unités vendues à fin avril, 9757 roulent au diesel. Enfin, en ce qui concernce le Coupé cabriolet et Roadster, le segment enregistre 195 ventes diesel contre 26 essence. A noter que le segment du Ludospace est entièrement dieselisé.

Pour l’utilitaire, le segment roule bien évidemment au diesel. Sauf pour une partie très réduite des véhicules du segment Minibus proposés en essence chez Volkswagen.

Par régions

Sur les 51000 unités vendues, les showrooms présents à Casa ont réalisé 24912 et les concessions de Rabat en ont fait 5960, soit 31872. Rapporté au volume global du marché, les deux villes concentrent l’activité du marché automobile. En troisième lieu vient Marrakech avec 3763 unités, suivie par Agadir grâce à 3725 immatriculations. Viennent ensuite Tanger (2113), Meknès (1847) et Fès (1369). Pratiquement la même répartition est observée en ce qui concerne les ventes de l’utilitaire léger.