AUTOMOBILE : La VO, un créneau porteur pour les concessionnaires

Plusieurs concessionnaires ont développé une activité reprise/vente de voitures d’occasion. Ils imposent toutefois des conditions lors du rachat du véhicule.

Le marché des voitures d’occasion commence à se structurer. En fait, ce n’est qu’en 2013 que certains concessionnaires et importateurs se sont orientés vers ce segment ou l’ont développé. La raison en est la modification de l’application de la TVA introduite dans la loi de finances de la même année. En effet, les concessionnaires peuvent depuis cette date appliquer la TVA sur la marge dégagée et non plus sur le prix de vente total, ce qui a leur a permis de se lancer dans cette activité. Et c’est tout dans leur intérêt surtout quand on sait que le nombre de transactions sur le marché de l’occasion (mutations de cartes grises) tourne en moyenne autour de 400 000 par an, tous canaux de vente confondus, informel compris, mais que seulement 1% du volume passe par les concessionnaires. Ceci représente une niche non négligeable à exploiter, surtout qu’en face, le segment des voitures neuves se caractérise par une forte concurrence, par des prix tirés à la baisse, par des exigences plus pointues en terme d’équipements et de SAV…

Ils sont donc plusieurs à avoir investi ce segment, à l’instar de Toyota, Peugeot, Citroen, BMW, Mercedes et Land Rover et plus récemment Ford. Bientôt, Renault compte se lancer également dans ce business. Ensemble, ces concessionnaires réalisent entre 300 et 500 transactions par mois. Cependant, chacun va de ses propres conditions. En fait, l’activité fonctionne selon un mode bien précis qui est celui de la reprise/achat. Autrement dit, le client qui souhaite vendre son véhicule au concessionnaire de la marque est  souvent obligé d’en acquérir un nouveau auprès de la même marque, à quelques exceptions près. En effet, Toyota, qui s’est lancée dans cette activité 3 ans auparavant, permet la reprise sans conditions et en plus de cela, se dit même prête à racheter des véhicules d’autres marques comme Renault et Peugeot. Toutefois, tout véhicule n’est pas forcément rachetable. Des conditions particulières sont imposées liées à l’âge de la voiture qui ne doit pas dépasser 7 ans et 150 000 km en cas de reprise sèche. En cas de reprise avec vente, l’âge peut aller jusqu’à 10 ans. Actuellement, Toyota est en train de mettre en place une formule dite «buy back» avec les loueurs de voitures selon laquelle le rachat est assorti d’un engagement de vente d’un autre véhicule 24 à 36 mois après le rachat.

Peugeot et Citroën, elles, qui ont développé aussi l’activité de reprise de VO en créant « Peugeot occasions » et «Citroën Occasions» ne se limitent pas seulement à leur propre marque, mais s’étendent à l’ensemble des marques existantes. Avant de procéder à la reprise, la carte grise est vérifiée et une expertise statique du véhicule est réalisée par une équipe de techniciens experts. Ces derniers s’assurent que le VO n’est pas accidenté, n’a pas dépassé un certain âge (jusqu’à 12 ans) et vérifient aussi le kilométrage parcouru (jusqu’à 160 000 km). Un essai routier du véhicule est également réalisé. Cela dit, le client (particuliers, entreprises, commerçants..) intéressé par la vente de son véhicule est obligé d’acheter une autre voiture neuve des marques commercialisées par Sopriam ou d’un VO du parc constitué. Ainsi, la valeur de reprise est considérée comme un apport et le client n’aura qu’à payer la différence entre le prix du VN ou VO.

Compte tenu de l’importance de ce créneau, les concessionnaires mettent en place les conditions de financement nécessaires à l’acquisition d’un VO et développent aussi le volet garantie. Toyota par exemple devra bientôt lancer le crédit gratuit, conventionné avec plusieurs sociétés de financement. Peugeot et Citroën l’ont déjà lancé à côté du crédit classique, en plus d’une assistance administrative pour la mutation.

Par ailleurs, Toyota vend la garantie comme étant un produit. Par exemple, à 1 500 DH, un acheteur peut prétendre à une garantie de 6 mois et avec 2000 DH de plus, il peut disposer d’une garantie de 2 ans. Peugeot, elle, propose 2 types de garantie : Peugeot Occasions “Premium” avec une offre de garantie constructeur complète allant de 7 à 24 mois et Peugeot Occasions “Primo” avec une offre de garantie de 6 mois (moteur et boite de vitesses) pour les véhicules plus anciens. Les mêmes conditions s’appliquent pour Citroën avec Citroën Occasions Premium et Primo.

Le marché des VO est certes porteur, aux dires de plusieurs concessionnaires, mais reste mal structuré et fortement dominé par le circuit informel. En effet, Argus Maroc a énuméré certaines difficultés liées à ce segment dont l’absence de référentiel automobile précis et actualisé, de valeurs de référence officielle pour coter un VO, de solutions numériques pour les professionnels, et de visibilité sur la structure des prix d’un VO sur le marché marocain. Cela, en plus des difficultés des assureurs de maitriser l’estimation de la valeur vénale du véhicule. Par ailleurs, les concessionnaires déplorent plusieurs difficultés dont la constitution de stock.