AUTOMOBILE : Entretien avec Frédéric Delbecque, Responsable régional du compte PSA chez BASF – Division peinture

L’industrie automobile génère entre 10 et 15% du chiffre d’affaires de l’entreprise. Le groupe a réalisé plusieurs innovations pour préserver les ressources, réduire le poids de la voiture et améliorer la sécurité. Déjà deuxième fournisseur de Renault Tanger en peinture, BASF est retenu comme fournisseur unique du site PSA de Kénitra.

Frédéric Delbecque, Responsable régional du compte PSA chez BASF – Division peinture, revient dans cet entretien sur les solutions de peinture innovantes développées par son groupe et la valeur ajoutée qu’il offre aux constructeurs Renault Tanger et dans quelques mois PSA Kénitra dont il est le fournisseur unique en peintures. Pour lui, l’organisation transversale et l’ancrage local de BASF rassurent les clients. Il évoque aussi les défis de durabilité de l’industrie automobile et les ambitions de son groupe pour le marché marocain.

BASF est un géant mondial de l’industrie de la chimie et un grand fournisseur des constructeurs automobile, notamment en peintures. Pouvez-vous nous donner un aperçu sur cette activité de votre groupe ?

L’industrie automobile est l’un des segments clés de BASF. Les ventes dans ce secteur représentent entre 10 et 15% de son chiffre d’affaires. Pratiquement, une voiture sur deux est peinte grâce à des produits BASF. Ces derniers couvrent tout l’extérieur de la voiture de l’anti-corrosion aux vernis (dernière couche) en passant par les bases. Au Maroc, nous sommes le deuxième fournisseur de Renault Tanger en peinture, et nous venons d’être retenu fournisseur unique du site PSA de Kénitra. En 2012, BASF a été distingué «Fournisseur Majeur» du groupe PSA dans le cadre du déploiement de la démarche «Excellence de la Relation Fournisseurs » du constructeur. Le groupe a des clients et des partenaires dans le monde grâce à ses réseaux de proximité et une organisation flexible par métier et par région.

Justement, vous êtes présents au Maroc depuis quelques années déjà. Comment cet ancrage local vous aide à mieux servir les besoins du marché automobile marocain ?

Nous savons être globaux (une présence mondiale avec 113 000 collaborateurs sur les 5 continents) mais en conservant un ancrage local au plus près de nos clients. Pour ce faire, BASF adopte un fonctionnement transversal par métier et par région comme beaucoup de groupes globaux. Le groupe assure l’aspect stratégique et la relation commerciale tandis que les détails logistiques sont assurés par BASF Maroc. Nous avons cet avantage d’avoir une structure qui existe déjà avec un bureau et des équipes en place. Ceci rassure les constructeurs qui trouvent des interlocuteurs locaux qui ont une connaissance précise du marché. Le constructeur est rassuré grâce à cette présence d’un fournisseur qui a déjà une expérience locale (avec Renault Tanger pour notre cas). C’est même primordial puisque le constructeur cherche un fournisseur qui va l’accompagner dans tous ses besoins et démarches. Cette configuration nous permet d’apporter une grande valeur ajoutée à nos clients.

En quoi consiste la valeur ajoutée des produits BASF fournis aux constructeurs?

BASF est choisi, entre autres critères, pour ses compétences techniques et humaines très élevées associées à un haut niveau de polyvalence. Par exemple, notre partenariat renforcé avec PSA implique de la co-création d’innovations. Nous travaillons dans une grande proximité pour le site de Kénitra ainsi que dans les endroits du monde où PSA se développe. Nous définissons ensemble la road-map de notre co-innovation, et les sujets sur lesquels nous pouvons intervenir, qui peuvent être très variés. Nos équipes, qui se tiennent au plus près des constructeurs, discutent les besoins en amont. Ainsi, la valeur ajoutée de BASF réside dans le fait que le Groupe fournit les produits mais met aussi à disposition du constructeur l’expertise d’équipes formées et qui sont relayées par notre bureau au Maroc. Ces dernières assurent toute la démarche de préparation pour alimenter les lignes de peintures et pilotent les process pour une parfaite intégration avec les équipes du constructeur. Aussi, au vu des enjeux économiques forts de construire le véhicule au meilleur coût, nos équipes font des propositions d’optimisation produit et process tout en veillant à maintenir un haut niveau de qualité.

En plus de ce duo qualité-coût, de nouvelles contraintes s’imposent aujourd’hui au marché, notamment celle de la durabilité. Qu’est-ce que fait BASF sur ce registre?

La durabilité implique que nous utilisons en parfaite économie des matières premières qui ne sont pas inépuisables. Un de nos défis est de contribuer à baisser la consommation de carburant et des émissions en allégeant le poids des véhicules thermiques et électriques. Pour ce faire, nous avons développé et commercialisons des plastiques pour l’automobile pouvant se substituer au métal. Le groupe développe aussi des procédés pionniers dans la régulation thermique pour éviter de faire fonctionner la climatisation grâce à des peintures avec isolation qui réfléchissent les rayons. BASF est également très actif sur le registre de l’amélioration de la qualité de l’air en ville. Nous développons des catalyseurs, des pots catalytiques et des filtres pour que les moteurs puissent répondre aux normes en vigueur.

Quelles sont vos ambitions pour le marché automobile?

L’industrie automobile marocaine recèle un grand potentiel de croissance, avec l’objectif de produire un million de voitures en 2020. Le tissu de fournisseurs qui se développe et la structuration par écosystèmes encouragent d’autres constructeurs à venir s’implanter. Dans ce contexte, notre ambition est de suivre cette croissance du marché et continuer sur notre lancée. Pour les constructeurs, il est toujours rassurant d’avoir un fournisseur comme BASF qui a l’assise et l’expertise pour mener à bien ses projets.