AUTOMOBILE : Entretien avec Adil Bennani Président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (Aivam)

En dehors des petites hausses de prix observées sur des périodes données de l’année, les professionnels observent une stabilisation des prix.

Quel lecture faites-vous de l’activité du marché automobile en 2017?

A fin octobre, les ventes affichent une croissance de 5,7% à plus de 137 000 unités vendues. En détail, le CBU croît de 3% et le CKD progresse de 24%. Sur le registre des ventes de véhicules particuliers, la croissance est toujours portée par le small-low ou la petite voiture (citadine et micro citadine). Le small-high qui englobe les compactes perd du terrain tandis que le SUV continue de croître mais avec des volumes en légère décélération. Côté véhicule utilitaire léger, le segment reprend des couleurs par rapport aux dernières années. Il enregistre une hausse substantielle de 28%. Ce compartiment est tiré par le VAN qui signe une croissance explosive de 41%, suivis du pick-up dont les ventes ont augmenté de 6% et le Minibus qui affiche des volumes en légère progression de 4%.
Force est de constater que l’analyse des ventes par ville démontre que 85% des ventes sont réalisées dans les cinq plus grandes villes du Royaume. Toutefois, Agadir devient la troisième ville en termes de volumes. La capitale de Souss-Massa détrône Marrakech. Cette dernière enregistre cependant le deuxième taux de croissance le plus élevé (+14%) après Meknès (+16%). Pour le reste, Casablanca voit ses volumes augmenter légèrement de 2%, Rabat et Agadir de 8% tandis que les nouvelles immatriculations à Tanger font du surplace.

Comment jugez-vous le niveau des prix pratiqués sur le marché en 2017?

En dehors des petites hausses de prix observées sur des périodes données de l’année (plus tactiques que structurelles), nous observons une stabilisation des prix. Pas de tendance haussière drastique à signaler. De plus, nous relevons que cette stabilité des prix de vente s’accompagne d’un accroissement en spécifications (nouvelles options) et en dotations d’équipements. Chez la majorité des concessionnaires, les prix des nouveaux véhicules lancés ont naturellement tendance à augmenter. Une fois les stocks des anciens modèles sont liquidés, ils reviennent au prix de départ pour proposer le nouveau identiquement au prix de l’ancien. En général, le client en a plus pour le même prix déboursé mais il ne paie pas moins. Ce n’est pas le cas de 2014 et 2015, années pendant lesquelles une baisse a été enregistrée grâce à un cours de l’euro en décrochage.

Quelles sont les tendances en termes de comportements et habitudes de consommation?

Le marché est dans une large mesure animé par les primo-accédants. C’est pour cela que les citadines ont toujours le vent en poupe et vont continuer à se vendre bien.
Pour cette clientèle, la digitalisation et la présence des concessionnaires sur le net font en sorte que les prospects sont dorénavant plus informés sur le véhicule et la marque avant de se déplacer au point de vente. Les clients font un premier choix sur le net et au lieu de visiter par exemple 5 marques, ils n’en visitent que trois.
Résultat: le nombre de visites en showroom est en baisse, mais en face le taux de concrétisation augmente. Nous avons alors des visites plus qualitatives et des choix plus réfléchis.

Comment avancent les chantiers de la profession?

Nous avançons d’une manière très soutenue sur tous les chantiers que s’est fixé l’Aivam. Un des projets les plus avancés est celui de la dématérialisation du processus d’immatriculation. Sa première phase sera lancée dans les prochains jours avant la fin de l’année.

La croissance, bien qu’elle se maintienne, affiche des signes d’étiolement. Sur quel volume espérez-vous finir l’année?

A voir les chiffres des derniers mois, il semble que le marché nous a pris légèrement à contre-pied. En tout cas, nous n’allons pas atteindre la croissance de 10% projetée en début d’année. Le scénario le plus réaliste suppose qu’on finisse l’année sur un volume de 173000 unités vendues, soit une croissance aux alentours de 5 à 6%.