Auto-Expo 2016 : Reprise/vente, une activité qui prend progressivement forme

Un Salon a été dédié l’année dernière aux voitures d’occasion. Plusieurs opérations ont été enregistrées par les concessionnaires. Le client bénéficie de l’expertise de l’évaluateur et aussi de la garantie auto.

Le marché des voitures d’occasion est en plein essor auprès des concessionnaires automobile. Il représente même un levier très important dans la mesure où il peut booster les ventes d’une marque et par la même occasion, les concessionnaires pourraient mettre un peu d’ordre dans un secteur presque totalement anarchique, où ne règne que les intermédiaires désorganisés et chacun va de sa propre marge.

Vu l’importance de cette branche, le 1er salon de l’auto d’occasion a été organisé en juin de l’année dernière, où sponsors, organisateurs et autres participants ont montré un grand intérêt. D’ailleurs, le succès ne s’est pas fait attendre. Il a même dépassé les espérances puisqu’il a attiré une quarantaine d’exposants et a accueilli 52 000 visiteurs. Les voitures exposées, elles, sont comptées par centaine, ne dépassant pas 5 ans et concernaient toutes marques et modèles confondus. Les voitures exposées ont été révisées et exposées par les concessionnaires, les sociétés de location longue durée et les garagistes professionnels. Mieux encore, 500 ventes de véhicules ont été concrétisées. Il faut rappeler toutefois qu’avant l’organisation de ce salon, Sopriam était le 1er importateur de véhicules à organiser des showrooms exclusivement dédiés aux voitures d’occasion. Par la suite, le concessionnaire a lancé un service qui consiste à proposer à tout acheteur potentiel, la reprise de son véhicule d’occasion, quelle que soit sa marque. Actuellement, cette activité commence à prendre progressivement forme auprès des concessionnaires. Les intéressés par une marque ou un modèle particulier demandent à avoir des informations sur les voitures d’occasions en même temps que le neuf. Et bien des acquéreurs finissent par changer d’avis et se diriger vers l’occasion au lieu du neuf, trouvant en cela une bonne opportunité d’achat et un bon rapport qualité/prix.

En tout, Scama, importateur de Ford en est actuellement à 15 véhicules repris par mois au même titre que Sopriam qui en plus de ce volume, enregistre des concessions d’une trentaine de voitures d’occasion. Autrement dit, à la quinzaine de voitures reprises, s’ajoute la cession d’un nombre égal de véhicules de fonction et de démonstration propriété de la société. L’importateur des marques Peugeot et Citroën manifeste une présence en force sur ce marché. Il va même jusqu’à diffuser des spots publicitaires télévisés en vue de communiquer sur sa formule. Même Autowarehouse, partenaire occasion de Fiat Chrysler Automobile ou encore Toyota Maroc confirment l’intérêt des clients pour ce procédé. Quoi qu’il en soit, tous les concessionnaires prennent conscience de l’importance de cette activité et sont donc en train d’installer les départements concernés par cette activité.
Ford par exemple, devrait étendre ce concept à tous ses showrooms et compte élargir son offre également. Elle envisage ainsi de garantir le véhicule en totalité, bloc moteur compris, de proposer des prestations d’entretien gratuit et de donner la possibilité d’échanger le véhicule d’occasion acheté au niveau d’un point de vente Ford au bout d’une durée déterminée. Bref, Ford compte offrir le même traitement ou presque, aux clients qui achètent les voitures d’occasion repris par le concessionnaire, qu’à ceux qui acquièrent du neuf.

Dans la pratique, les opérateurs qui ont investi ce marché prennent aujourd’hui toutes les voitures, mais privilégient leurs propres marques. Dans tous les cas, des critères précis sont respectés. La voiture doit avoir 5 ans au maximum. Elle ne doit pas être accidentée, doit afficher moins de 120 000 kilomètres au compteur et sa peinture doit être d’origine de préférence. Les petites voitures chinoises, les grosses cylindrées essence et les marques dont le service après-vente laisse à désirer sont peu prisées.

Si la reprise et vente des véhicules d’occasion n’a pas encore affiché l’essor qui lui est dû, c’est en raison de la présence de plusieurs blocages. Tout d’abord, le marché de l’occasion répond à des normes tout à fait différentes de celles du neuf. En effet, l’activité comporte beaucoup de risques surtout que l’expert du concessionnaire peut se tromper sur l’évaluation du véhicule objet de la transaction. Ce qui peut entrainer des pertes sèches pour le concessionnaire. L’expert doit prêter attention au moindre détail au moment de la fixation du prix de revente de la voiture reprise. Cela va de l’effet d’un accident réparé et donc masqué à un compteur de kilométrage trafiqué, une peinture refaite ou encore des pièces remplacées par d’autres non originales… Tout doit être passé au peigne fin. Ce qui exige du concessionnaire la disposition de moyens humains et techniques à même de déceler la moindre faille et d’évaluer correctement la valeur du bien. Et c’est essentiellement cette difficulté qui pousse les opérateurs à s’engager doucement dans cette activité. Hormis cela, la lenteur de la procédure administrative fait défaut également. En effet, le changement de la carte grise d’une main à l’autre nécessite actuellement un délai de 2 mois avec des allers-retours interminables au service des mines. Ce qui équivaut à une perte de temps et d’argent pour le concessionnaire.

Cependant, cette formule reste avantageuse pour le particulier qui cherche en 1er lieu à acquérir une voiture d’occasion. En effet, il achète un véhicule certes ancien, à un prix peut-être même un peu plus cher que sur le marché ; mais il bénéficie de l’expertise et même de la garantie du concessionnaire. Chose qu’il ne peut avoir en passant par les intermédiaires. D’autant que la formule reprise/vente lui fait gagner du temps puisque toute la procédure se passe sur place en temps et en heure. Pas de temps à perdre donc à circuler sans voiture, le temps d’en trouver une à son goût. Ce qui est encore plus intéressant, c’est qu’une offre financière lui est proposée aussi et le jour même. Dans le cas où l’acheteur souhaite acheter à crédit, il reçoit son chèque immédiatement et s’il réalise son achat au comptant, le prix d’achat du véhicule neuf est déduit du prix de vente de sa voiture d’occasion.