Alfa Romeo Stelvio : «La meccanica delle emozioni» s’empare du SUV premium

Les optiques avant-arrière, les boucliers, les galbes de flancs… font penser à la berline Giulia. Sportive, spacieuse, modulaire…, la voiture a de sérieux atouts.

«Plus qu’un SUV, une Alfa Romeo». Ce message de la publicité du Stelvio annonce le ton et dévoile l’ambition : la marque au Biscione se lance le défi de redéfinir le SUV en lui apportant ses codes et sa charge émotionnelle ! Ce qui est sûr, c’est que la firme italienne dont la marque de fabrique est «la meccanica delle emozioni» n’a pas fait les choses à moitié ! Elle part même favorite pour aborder le segment du SUV premium où règnent en maître les Audi Q5, BMW X3, Porsche Macan, Jaguar F-Pace et le grand nom à venir : le Lamborghini Urus (610 ch V8 Biturbo contre 510 ch V6 Biturbo pour la version la plus agressive du Stelvio, le Quadrifoglio). 

De l’extérieur, les courbes séductrices et les matériaux utilisés forcent de jeter un deuxième regard sur ce joyau d’Alfa Roméo ! Les optiques avant-arrière, les boucliers, les galbes de flancs… font penser à la berline Giulia. En gros, l’effort stylistique est très réussi et on mettra au crédit de la firme transalpine d’avoir réussi à perpétuer le style propre à la marque sur une carrosserie qui s’y prête difficilement. Voilà que les attributs virils propres à ces engins aux codes de baroudeurs (passages de roues élargis, protections plastiques) ont été écartés tout en subtilité pour apporter une dose de féminité et de glamour sur le segment. Le Stelvio est élégant et moins consensuel sur les mensurations que ses concurrents (4,69 m contre  4,66 m pour l’Audi Q5 et 4,66 m pour la BMW X3).

Un dynamisme à couper le souffle et une garde au sol magistrale

L’impression de sportivité se prolonge à l’intérieur grâce à des détails tels que le bouton de démarrage subtilement incrusté sur le volant (comme chez Ferrari) ou encore la molette de vitesse (située entre les deux sièges) qui s’éclaire joliment des initiales des modes choisis P,D,N,R. Du reste, les mêmes codes de la marque sont là, allant du dessin de la planche jusqu’au volant et au positionnement des boutons. Le véhicule est spacieux et propose une modularité bien pensée et un volume situé dans la moyenne du segment. Du reste, les technologies d’aide à la conduite (alerte de franchissement de ligne, détection d’angles morts, caméra de recul, régulateur de vitesse adaptatif, hayon motorisé) sont bien présentes. Un jugement à relativiser toutefois, car nous sommes en présence d’une version haut de gamme «First édition». Reste donc à voir ce que donneront les versions plus abordables, forcément moins spectaculaires.

Mais c’est sur le registre de la performance qu’il faut chercher les plus du Stelvio. Grâce à sa plateforme innovante, le véhicule associe à la perfection la maniabilité d’une voiture sportive avec le confort et la position de conduite rehaussée d’un SUV. D’ailleurs, la marque au Biscione en fait l’argument central et passe volontairement sous silence le reste des attributs (style, finition, technologie) pas moins décisifs sur ce segment. Pour les férus des sensations fortes qui placent par dessus tout le fameux «plaisir de conduite», cette promesse est tenue. Ce quatre cylindres, admirablement servi par une boîte automatique à 8 rapports réactive, laisse sans mots par son répondant sur la route. L’on a la sensation d’être littéralement propulsé dans l’air une fois le sélecteur de vitesse mis sur le mode Sport et le pied sur le plancher. 0 à 100 km/h en 5,7 s ! C’est plus rapide que le Porsche Macan équivalent (6,7s), Audi Q5 2.0 TFSI (6,3s) et BMW X3 28i (6,5s). La direction, ultra directe, augmente l’agrément de conduite et confère au Stelvio une précision rare. L’on apprécie également une garde au sol irréprochable. Une autre donnée rentre en considération : le poids. Grâce à l’utilisation de l’aluminium pour le capot, les ailes, les portes et le hayon, le véhicule fait 1 659 kg seulement sur la balance quand un Audi Q5 en pèse au minimum 1 735. Cependant, quelques détails à l’habitacle (de finitions et de rangement, notamment) sont largement perfectibles.

Pour son lancement, FCA Maroc commercialise deux motorisations : un 2.2 Diesel de 210 ch et un 4 cylindres Essence 2.0 Turbo de 280 ch First Edition (celui de notre essai). Toutes deux dotées d’une transmission intégrale semi-permanente Q4. Selon FCA Maroc, il faudra attendre 2018 pour voir arriver les autres versions, moins puissantes (180 ch Diesel et 200 ch Essence) à deux roues motrices mais aussi la version la plus agressive et haut de gamme : le Quadrifoglio (V6 biturbo de 510 ch dérivé du V8 de la Ferrari 488 GTB). Pour les prix, la version First Edition (Essence 280 ch) est proposée à environ 540 000 DH.