Dette, GAFI, réponse aux chocs, politique monétaire… Le FMI distribue les bons points au Maroc

Le Fonds monétaire international (FMI) a félicité le Maroc pour «sa réponse politique très forte» pour atténuer l’impact social et économique des récents chocs négatifs. L’amélioration du ratio de la dette de l’administration centrale est également applaudie.

Dans un communiqué diffusé mardi à Washington, à l’issue des consultations de son conseil d’administration de 2022 au titre de l’article IV avec le Maroc, l’institution multilatérale a multiplié les bonnes appréciations à l’égard des politiques mises en place par le gouvernement du Maroc dans un contexte difficile, marqué par une succession de chocs sur l’économie nationale.

Les administrateurs du Fonds ont d’abord félicité les autorités marocaines pour «la réponse politique très forte qui a atténué l’impact des récents chocs négatifs», liés à la guerre en Ukraine et à la sécheresse.

Le FMI a noté que malgré l’augmentation des dépenses courantes, due à l’augmentation des subventions et à d’autres mesures publiques qui ont atténué l’impact économique de ces chocs, le déficit budgétaire global devrait chuter en 2022, grâce à «la bonne performance» à la fois des recettes fiscales et non fiscales. Le ratio de la dette de l’administration centrale par rapport au PIB devrait s’établir à environ 69 % à la fin de 2022, ce qui est nettement inférieur aux prévisions.

Evoquant la Loi de finances 2023, les administrateurs du Fonds ont relevé que le budget «établit un équilibre entre la nécessité de réduire le déficit, d’atténuer l’impact social et économique des chocs et de financer les réformes structurelles».

Le FMI a également salué «les progrès accomplis» par le Maroc pour l’amélioration de sa supervision financière et son cadre réglementaire, tout en mettant en avant son «ferme engagement» à mettre en œuvre des réformes structurelles globales. Les auteurs du rapport n’ont pas manqué dans ce sens de mettre en exergue «la réforme des systèmes de protection sociale, de santé et d’éducation qui permettrait d’améliorer l’équité et la qualité de l’accès, de mieux cibler les dépenses et de soutenir le capital humain à long terme».

Les administrateurs du FMI se sont également félicités du resserrement de la politique monétaire en 2022 et ont soutenu des relèvements supplémentaires des taux directeurs pour contenir les pressions inflationnistes. Ils ont de même salué l’achèvement par les autorités du plan d’action conçu avec le GAFI, permettant de favoriser la crédibilité de la politique budgétaire.

 

Une inflation à 4% en 2023

Côté prévisions macroéconomiques, le FMI s’attend à une accélération de la croissance du PIB du Maroc, pour atteindre 3 % en 2023, principalement tirée par le rebond de la production agricole et ses retombées positives sur le reste de l’économie.

L’inflation devrait, par ailleurs, diminuer progressivement pour atteindre environ 4 % en 2023, «à mesure que le choc des prix des matières premières se dissipe progressivement et l’orientation monétaire devient moins accommodante».

Le déficit du compte courant devrait se resserrer vers sa norme d’environ 3 % du PIB à moyen terme, « dopé par les réformes structurelles», souligne l’institution financière internationale.

Les projections de base sont soumises à «une incertitude inhabituellement élevée», rappelle-t-on, principalement liée à une aggravation des conditions mondiales et de plus grandes retombées de la guerre de la Russie en Ukraine.