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Adoption du Consensus de Rabat pour une gouvernance africaine de l’IA

Le texte de la déclaration adopté à l’unanimité au Forum de haut niveau sur l’IA sera porté au prochain sommet multilatéral sur l’IA en février prochain à Paris pour défendre une IA africaine et souveraine.

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Les participants au 1er Forum de Haut niveau sur l’IA, tenu sous le thème “L’intelligence artificielle comme levier de développement en Afrique”, ont adopté, mardi, la Déclaration de Rabat, un texte de consensus africain en vue d’ériger l’IA en accélérateur de transformations structurelles pour les pays du Sud.

Placé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, ce conclave international (03-05 juin) est initié par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à travers son Centre “AI Movement”, en partenariat avec l’Unesco.

Cette déclaration, qui se veut un appel à l’action, et qui traduit les conclusions et recommandations de deux journées de travaux du forum, a été approuvée par acclamation après lecture du texte par Amal El Fallah Seghrouchni, présidente exécutive de AI Movement-UM6P, lors de la cérémonie de clôture du Forum, qui s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment le Conseiller du Roi, André Azoulay, et le Sous-directeur général de l’Unesco pour le communication et l’information, Tawfik Jelassi.

Dans une déclaration à la MAP à l’issue de cette cérémonie, le Pr. Seghrouchni a affirmé que le Consensus de Rabat sur l’IA pour l’Afrique est un premier pas vers la gouvernance africaine de l’intelligence artificielle, initiée par le centre AI Mouvement.

“Le Consensus de Rabat va faire date et nous comptons maintenant lancer des travaux à l’échelle continentale avec nos partenaires européens, américains et asiatiques sur cette question”, a-t-elle assuré.

En vertu de la déclaration de Rabat, la communauté d’acteurs africains s’engage autour d’un consensus et s’accorde sur trois principes fondateurs qui mobiliseront les institutions à travers le continent, à savoir, travailler à l’élaboration d’un cadre commun pour une gouvernance mondiale et inclusive de l’IA, exploiter l’IA dans le secteur public et au service du bien commun africain et garantir le développement et l’utilisation éthique de l’IA et basé sur les droits humains au service de toutes et tous.

L’IA pourrait en effet générer 1.500 milliards de dollars à l’économie africaine d’ici à 2030. Ses champs d’application ainsi que ses machines autonomes qui prennent en charge certaines activités humaines auront un impact profond sur la vie de plusieurs dizaines de millions d’africains, ainsi que sur les sociétés du monde entier, lit-on dans le texte.

Le besoin urgent en modernisation des systèmes éducatifs et sanitaires représente un enjeu de souveraineté économique qui exige de regarder l’IA comme un accélérateur de transformations structurelles pour les pays du Sud. Ailleurs, l’IA va passer du statut d’innovation de pointe à celui de technologie de masse qui révolutionne tous les domaines dans lesquelles elle intervient : éducation, médecine, agriculture, transition écologique, médias etc, souligne-t-on de même source.

En effet, pour la première fois, plus de 20 pays représentés par des délégations de haut niveau et d’experts, sont convenus à Rabat de la nécessité d’appréhender les enjeux globaux directement liés à l’intelligence artificielle.

Cette technologie en évolution rapide qui exploite l’intelligence des machines et des logiciels, transforme toutes les sphères sociales à l’échelle mondiale. Elle a le potentiel de contribuer à une augmentation de 5 à 6% du Produit intérieur brut du continent d’ici 2030.

Le Centre International d’Intelligence Artificielle du Maroc, Ai Movement, est un centre d’excellence visant à promouvoir l’expertise marocaine et africaine en intelligence artificielle et sciences des données. Il ambitionne de faire du Maroc un hub régional d’IA influençant son écosystème aux niveaux stratégiques, éducatifs et industriels.

En partenariat avec des entreprises et des organismes gouvernementaux, le centre développe des solutions innovantes, résilientes et éthiques aux problématiques sociétales, environnementales, économiques et technologiques. Labellisé comme le premier centre de catégorie II en IA sous les auspices de l’UNESCO en Afrique, AI Movement vise également à maximiser l’impact social et économique de l’IA pour une Afrique prospère.