Violence à  l’égard des femmes : Entrée en vigueur du « traité d’Istanbul »

Cette Convention, adoptée le 11 mai 2011 par les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, oblige les Etats qui l’ont ratifiée à  prendre des mesures spécifiques pour lutter contre toutes les formes de violence à  l’égard des femmes

La Convention d’Istanbul, visant à prévenir et combattre la violence contre les femmes et les jeunes filles, ainsi que la violence domestique sur tout le continent européen, entrera en vigueur ce vendredi 1er Aout 2014.

Cette Convention, adoptée le 11 mai 2011 par les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, oblige les Etats qui l’ont ratifiée à prendre des mesures spécifiques pour lutter contre toutes les formes de violence à l’égard des femmes, notamment par la formation des professionnels qui sont en contact étroit avec les victimes, le lancement de campagnes régulières de sensibilisation, l’inclusion dans les matériels pédagogiques des sujets tels que l’égalité des sexes et la résolution non violente de conflits dans les relations interpersonnelles, l’élaboration des programmes thérapeutiques pour les auteurs de violence domestique et les délinquants sexuels, le travail avec des ONG et l’implication des médias et du secteur privé dans l’élimination des stéréotypes de genre et dans la promotion du respect mutuel.

En effet, la violence physique, sexuelle et psychologique contre les femmes est une vaste atteinte aux droits humains dans l’ensemble des pays membres du Conseil de l’Europe, a déclaré Amnesty International.

Et d’après un récent rapport de l’Union européenne,  33% des femmes dans les pays membres de l’UE ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans. Ces femmes sont violées, mutilées, harcelées, frappées ou même tuées…

L’entrée en vigueur de la Convention d’Istanbul comble ainsi une lacune béante dans la protection des droits des femmes en Europe. Elle instaure désormais des normes juridiquement contraignantes pour améliorer la prévention de la violence, mieux protéger les victimes et sanctionner davantage les auteurs d’infractions par un ensemble de mesures intégré. La mise en oeuvre effective de la Convention sera assurée par un mécanisme de suivi, qui sera mis en place au début de 2015 par un groupe d’experts indépendants appelé le GREVIO qui évaluera la mise en œuvre dudit texte par les Etats parties, à travers des rapports de suivi périodiques.

 

En plus du GREVIO, une deuxième instance composée de représentants des parties à la Convention sera créée : le Comité des parties. Il aura entre autres pour mission d’élire les membres du GREVIO et d’adresser aux Etats parties des recommandations concernant les mesures nécessaires pour mettre en œuvre les conclusions du GREVIO.

Notons qu’à ce jour, 14 états membres du Conseil ont ratifié ce texte ouvert aussi aux nations non européennes et qu’une conférence internationale sera organisée le 19 septembre prochain à Rome par le Conseil de l’Europe, le ministère italien des Affaires étrangères et la Chambre des députés italienne.

L’objectif de cette conférence, qui constituera une célébration de l’entrée en vigueur de la Convention, avec la participation des Organisations internationales, des Etats (dont le Maroc) et de la société civile, vise à mettre en évidence l’approche globale qu’elle applique à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et à encourager les Etats membres et les autres Etats ayant participé à l’élaboration de la Convention à la signer et à la ratifier.