Une sortie médiatique remarquée pour les 100 premiers jours du gouvernement

• En homme qui maîtrise ses dossiers, le Chef du gouvernement a répondu à toutes les interrogations de l’heure des Marocains
• Il n’a éludé aucune question, aussi gênante et sensible soit-elle.

Dans sa première sortie médiatique en tant que Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch a été très clair. «Nous allons affronter tous les problèmes, quelle que soit leur nature, avec courage et détermination», a-t-il affirmé, mercredi, lors d’une émission spéciale diffusée sur Al Aoula et 2M. Un constat déjà, «toutes les mesures prises ou entamées par le gouvernement durant ses 100 premiers jours montrent que l’Exécutif remplit ses engagements». Le gouvernement, soutient M. Akhannouch, a tenu à ne pas perdre de temps et à commencer son travail aussitôt nommé. La mise sur pied du chantier de la généralisation de la protection sociale en est une preuve.

Et du travail, ce n’est pas cela qui manque. La nouvelle équipe aux commandes a hérité de plusieurs dossiers chauds de ses prédécesseurs, mais elle ne compte en liguer aucun à ses successeurs. Que ce soit l’épineuse problématique de la réforme de la retraite ou de la Caisse de compensation, quoi qu’il préfère ne pas aborder ce dernier sujet pour le moment, ou encore la réforme de la santé et de l’administration, le Chef du gouvernement avec son équipe compte traiter tous ces dossiers avant la fin de leur mandat. D’ailleurs, l’Exécutif a déjà entamé avec les centrales syndicales d’assainir la situation ô combien complexe dans le secteur de l’enseignement. Le gouvernement sait ce qui l’attend.

D’ailleurs, dans cette première sortie, Aziz Akhannouch n’a   essayé d’esquiver aucune question de ses interlocuteurs. Même les plus délicates et les plus gênantes. Les perspectives de la campagne agricole avec le retard constaté des pluies ? Le Chef du gouvernement est franc, si la situation persiste, les cultures céréalières vont certainement être touchées, en plus de l’élevage. Le gouvernement entreprendra les mesures qui s’imposent. La cherté des prix et l’état du pouvoir d’achat ? Les prix des produits de base sont restés stables. Certains produits ou intrants importés subissent la fluctuation du marché international. Le gouvernement intervient quand il le peut grâce à la Caisse de compensation qui vient d’être dotée d’une enveloppe de 17 MMDH. Le plus important c’est que l’inflation au Maroc est maîtrisée, puisqu’elle n’a pas dépassé 1,8%.

De toutes les manières, d’ici le mois d’avril la situation mondiale va commencer à se stabiliser. L’ouverture des frontières ? C’est inéluctable. D’ailleurs ce sera dans les semaines à venir. De toutes les manières, le gouvernement, qui étudie la question actuellement, est tenu de respecter les recommandations des Comités scientifique et interministériel, dont les membres se basent sur des données scientifiques et épidémiologiques pour émettre leurs recommandations. La réforme de la retraite ? C’est un dossier que le gouvernement a hérité de ses prédécesseurs et il ne compte certainement pas le léguer au suivant. Le stress hydrique ? Un plan national de l’eau est en marche et le dessalement est une option sur laquelle mise le gouvernement. La réforme de l’enseignement et l’épineux cas des enseignants –cadres des Académies ? C’est en marche. Un premier contrat vient d’être signé avec les syndicats et les négociations continuent, et non pas uniquement avec les cinq syndicats les plus représentatifs du secteur.

La réforme de la santé? Les ministères concernés, la santé et la protection sociale, l’économie et les finances et l’enseignement supérieur, planchent sur une réforme globale, un nouveau système de santé, qui sera présenté au Souverain. L’emploi et la lutte contre le chômage ? Deux mesures phares sont mises en place : «Awrach» et «Forsa». Justement, «Awrach» ne serait-il pas un trompe-l’œil ? Pas du tout. C’est d’abord des emplois à durée variable pour les personnes qui ont pâti de la crise sanitaire. C’est aussi la possibilité de formations pour les sans-emploi et ceux qui n’ont aucune qualification. C’est un programme ouvert à tout le monde, sans condition préalable et un atout à faire valoir, dans le futur, pour ceux qui auront participé.

En somme, pour sa première sortie médiatique, le Chef du gouvernement a montré qu’il maîtrise ses dossiers. Il a aussi assuré que ce ne sera pas son unique exercice du genre. Le gouvernement s’exprimera dans les médias, assure-t-il, «chaque fois qu’il est nécessaire d’expliquer au citoyen les mesures que nous prendrons»