Une majorité qui se disloque un peu plus

Le PPS et le RNI manifestent leur désaccord avec le chef du gouvernement.

A peine un pied dans le gouvernement que le RNI s’est déjà désolidarisé avec lui à propos de sa dernière initiative d’indexer le prix des carburants sur les cours mondiaux du pétrole. Le parti y voit une décision unilatérale et une «absence de politique globale de réforme». Le RNI qui dit, par ailleurs, avoir accompli tous ses engagements aussi bien envers ses instances que vis-à-vis du chef du gouvernement, affirme qu’un «accord global a été conclu» pour la formation du futur gouvernement. Cela au moment où les autres membres de la majorité manifestent de plus en plus ouvertement leur inquiétude face au retard dans la formation de la nouvelle équipe. Inquiétude à laquelle se mêle un mécontentement à peine voilé de la manière avec laquelle sont gérées les affaires publiques. Le PPS estime, en ce sens, que «rien n’impose ni n’oblige le gouvernement à prendre des décisions impopulaires qui affectent principalement les couches sociales les plus vulnérables». Sauf que le chef du gouvernement l’a fait sans en référer aux autres membres de la majorité ou ce qu’il en reste. Et pour ne pas arranger les choses, Abdelilah Benkirane fait face à une autre discorde, interne cette fois. Des récentes déclarations de certains dirigeants du PJD on décèle un conflit latent entre les radicaux du MUR et le «clan politique» formé de députés et de syndicalistes qui ne sont pas membres du mouvement. Les premiers n’ont pas apprécié la manière avec laquelle ont été menées les négociations avec le RNI, alors que les seconds espèrent profiter de cette occasion pour renforcer leur présence au gouvernement.