Un tiers des entreprises ne recourt pas au crédit bancaire pour raisons religieuses

Ce que révèle vraiment l’enquête thématique du HCP.

Que l’écrasante majorité (93%) des entreprises au Maroc soit constituée de très petites et moyennes entreprises (TPME), que près de 40% soient implantés dans la région de Casablanca-Settat, que 69% opèrent dans les activités tertiaires (42% dans les services et 27% dans le commerce), et que le taux d’encadrement dans ces entités demeure encore faible (25%), cela est connu et depuis bien longtemps. En revanche, ce que révèle vraiment l’enquête thématique que le HCP vient de réaliser auprès de 2 101 entreprises, ce sont principalement deux choses. D’une part, et contrairement à une idée assez répandue, la taille de l’entreprise est un facteur important dans l’acte d’investir et, conséquence logique, dans les recrutements. Si près de 40% des entreprises enquêtées ont déclaré avoir réalisé des investissements au cours des trois années précédant l’enquête, cette proportion monte à 80% parmi les grandes entreprises (GE) et, à un degré moindre (49,5%), parmi les petites et moyennes entreprises (PME). Idem pour les recrutements : la moitié des entreprises sondées ont recruté au cours des trois années précédant l’enquête, mais cette proportion grimpe à 90% parmi les GE et 70% pour les PME. D’autre part, l’enquête nous apprend que seulement 20% (1 entreprise sur 5) recourent au financement externe, lequel provient à hauteur de 93% du crédit bancaire. Les arguments avancés pour expliquer le faible recours au financement bancaire tiennent au niveau élevé des taux d’intérêt (40%) et aux garanties exigées par les banques (34%). L’enquête du HCP avance également un autre facteur à l’origine du faible recours au crédit bancaire, peu connu ou insuffisamment évoqué quand ce sujet est abordé, à savoir les considérations d’ordre religieux. Un tiers des entreprises (33%), nous dit l’enquête, évitent de solliciter un crédit bancaire pour raisons religieuses…