Taux bancaires : le silence du Conseil de la concurrence

Pour les commissions, les différences de tarifs vont de 10 à  30%.

Le dernier rapport du Conseil de la concurrence sur le secteur bancaire fait ressortir des écarts de prix importants entre les banques de la place, du moins pour ce qui est des commissions. Les différences vont en effet de 10 à 30%. Les établissements les plus chers sont ceux qui mettent en avant la qualité de leurs prestations : BMCE, BMCI, Crédit du Maroc et Société Générale. Les moins chers, à savoir la Banque Populaire, Attijariwafa bank et Crédit Agricole du Maroc ciblent des catégories de populations à revenus moins élevés. De manière générale, le conseil estime que la concurrence joue bien son rôle dans le secteur en matière de commissions.

Cela dit, les banques se font tirer les oreilles par rapport à certaines de leurs pratiques commerciales. Allusion faite notamment aux ventes groupées de produits, pratiquées de manière plus ou moins abusives, notamment dans le cas des assurances imposées aux clients contractant des crédits. Ce genre de pratiques permet aux plus grandes banques commerciales d’occuper un maximum de segments de marché et d’engager leur clientèle sur la durée, barrant ainsi la route à la concurrence. Mais le conseil reste étonnamment muet sur le peu de concurrence que les banques se font au niveau des taux d’intérêt. En effet, comment expliquer que les grandes banques choisissent de s’aligner sur les taux pratiqués par les établissements de petite et moyenne taille alors qu’elles profitent en théorie de moindres coûts de refinancement. Cet aspect est d’autant plus important que la marge d’intérêts constitue le plus gros des revenus des banques marocaines : 80% de leur PNB contre à peine 12% pour la marge sur commissions. En Algérie, par exemple, les intérêts ne génèrent que 56% du PNB des banques contre 68% dans toute l’Afrique.