Se dirige-t-on vers une scission à  l’USFP ?

«Démocratie et ouverture» n’est pas encore un bloc homogène.

Dans un courrier adressé, le 25 février, aux membres du groupe parlementaire, le bureau politique de l’USFP les prend de court en les informant de la désignation de Rachida Benmassaoud à la tête du groupe. L’ancien chef du groupe, Ahmed Zaidi, venait d’être démis de ses fonctions. Dans l’entourage du chef de file du courant «Démocratie et ouverture», l’on tente de minimiser la portée de cette décision prise, soit dit en passant, à l’unanimité.

«De toutes les manières, Ahmed Zaidi allait démissionner de son propre chef pour assumer les charges de nouveau porte-parole du courant Démocratie et ouverture» assure-t-on dans l’entourage de l’ancien candidat à la tête du parti. Le bureau politique a par la même occasion entériné la démission du député et ancien ministre Ahmed Chami, que ce dernier avait présentée à peine élu membre de l’organe exécutif du parti. Cette escalade intervient depuis que les membres du courant ont décidé d’observer des sit-in devant le siège du parti, suite à une réunion tenue à Bouznika le week-end dernier. Les deux parties sont arrivées à un point de non-retour lorsque Driss Lachgar et le bureau politique ont opposé leur niet définitif à la reconnaissance des courants politiques au sein du parti.

Dans cette guerre que se livrent les deux rivaux, par médias interposés, le clan de Lachgar rappelle à ses adversaires que cela a toujours été le cas en invoquant le sort qu’a connu le courant des «néo-socialistes» sous le mandat de Mohamed Elyazghi. Cela d’autant, soutient-on dans l’entourage de l’actuel Premier secrétaire, qu’au fond «il ne s’agit pas d’un vrai courant d’idées, mais d’une opposition organisationnelle». Cela dit, le courant lui-même n’est pas du tout un bloc homogène. Il est traversé par plusieurs tendances qui ne se sont pas encore mis d’accord sur la forme à lui donner. Entre une association politique et un courant politique, le choix n’est pas encore fait.